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Dimanche, 26 Mars 2017

  •   Abed Charef
  • mardi 24 décembre 2013 01:17

Algérie 2013: l’année où l’excédent de la balance des paiements a fondu

LaksaciM.Laksaci entre le président de la Fed Ben S.Bernanke et Hyun Seok Oh, le ministre sud-coréen lors de réunions annuelles du FMI (dr)

L’année 2013 sera marquée par un fait économique majeur : la courbe des importations et celle de la balance des paiements vont se croiser. Une tendance d’autant plus inquiétante que l’Algérie peine à changer de modèle.


Après une décennie d’abondance, 2013 devrait marquer le début du compte à rebours. Il n’y aura probablement pas un dénouement à la manière du Titanic, comme le craint l’association Nabni, mais un glissement lent, peut-être inexorable, que l’Algérie pourra, dans un premier temps, amortir grâce à ses réserves de change, et qui dessinera les grandes lignes de ce que sera l’Algérie du nouveau siècle.
Pour les économistes, 2013 sera l’année où les courbes se sont croisées. Celles des exportations d’hydrocarbures, qui devraient descendre sous la barre des 70 milliards de dollars, et celles des importations, qui devrait frôler les 60 milliards. La première était déjà sous pression, sous l’effet conjugué de la baisse de la production et de l’explosion de la consommation interne. Elle a connu une brusque accélération en 2013, avec l’effet Tiguentourine, qui a privé l’Algérie de 12% de sa production et 18% de ses exportations. Les importations, quant à elles sont devenues définitivement incontrôlables. Après le rattrapage en matière de de consommation et d’équipements, elles ont poursuivi leur dérive, favorisée par des politiques accords internationaux taillés sur mesure à cet effet. Comme si le gouvernement, malgré ses discours sur le nationalisme économique, voulait encourager l’importation au détriment de la production locale : signature d’accords internationaux plafonnant les taxes douanières, politique des changes inadéquate avec un dinar surévalué, politique économique facilitant l’acte d’importer alors que produire demeure un vrai casse-tête, etc.

Dynamique inquiétante

La balance des services devrait, de son côté, accuser un déficit de 12 milliards de dollars, selon l’ancien ministre des finances Abdellatif Benachenou. Le calcul est simple. Si la balance commerciale reste encore excédentaire d’une dizaine de milliards de dollars, la balance des paiements devrait, quant à elle, être très proche de l’équilibre, après une décennie d’abondance et d’excédents qui ont permis de se constituer un peu plus de 190 milliards de dollars de réserves de change. De tous ces chiffres, ce n’est pas le bilan en lui-même qui est inquiétant, mais la tendance qu’il confirme. Car pour l’heure, il est possible d’envisager le prochain quinquennat sans crainte. Et même au-delà. Même si, de manière caricaturale, l’Algérie enregistrait un déficit commercial de vingt milliards de dollars par an, elle tiendrait une décennie avec ses réserves de change actuelles. Par contre, la dynamique est inquiétante. L’économie algérienne est figée là où le mouvement est attendu : production, investissement, exportations hors hydrocarbures, compétitivité, productivité, économie du savoir, etc. Elle explose là où c’est le plus dangereux : importations, informel, gaspillages, corruption. Même des militants de gauche commencent à mettre en doute le bien fondé des subventions, qui frisent l’absurde : les voyages pour le Brésil, à l’occasion de la phase finale de la coupe du monde, risquent être d’être soutenus ! De plus, toute amélioration des performances économiques devrait provoquer une nouvelle explosion des importations, à cause des équipements et des intrants qu’il faudra acheter.

Maitriser la courbe pour éviter l’étau

Ce virage est toutefois perçu de manière très différente par le gouvernement et les autres partenaires, même si un consensus verbal se dessine sur la nécessité de changer de modèle. Pour le gouvernement, prisonnier d’une pensée fossilisée, et ses alliés, l’énergie fossile demeure, et pour longtemps encore, la garantie de la bonne santé économique du pays. Le discours sur la nécessite de changer de modèle fait partie de la langue de bois traditionnelle, mais les décisions prises vont souvent dans le sens inverse, particulièrement à l’approche de l’échéance d’avril 2014. Pour les autres partenaires, par contre, seul un changement de modèle peut sauver la mise. 2020 est un horizon à ne pas dépasser, disent les plus pressés. Une décennie, disent d’autres, comme l’économiste Abdelhal Lamiri. Mais le plus important pour eux est d’enclencher le mouvement. Tant que le pays dispose d’une marge financière, le coup est jouable. Ce ne sera plus le cas lorsque la population algérienne aura dépassé 50 millions d’habitants, avec des recettes d’hydrocarbures retombées sous les cinquante milliards. On ne parlera plus de courbes qui se croisent, mais d’étau qui se resserre sur le pays.


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