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Mercredi, 26 Juillet 2017

  •   Rabah Said
  • mardi 24 décembre 2013 04:21

Villes nouvelles : imbroglio foncier, bureaucratie, surcouts et guerre larvée entre ministres !

 Sidi AbdallahVille nouvelle de Sidi Abdallah : cité dortoir à couts de quartiers de luxe ?


Les projets de villes nouvelles font rêver, la réalité est terne : bureaucratie, imbroglio foncier et conflit de compétences. Amara Benyounes déplore l’attribution des villes nouvelles à l’habitat alors que Dalila Boudjemaâ, ministre de l’environnement approuve. Des spécialistes s’inquiètent : les espaces des villes nouvelles risquent d’être l'objet d'une prédation foncière de la part d’un ministère de l'habitat qui reproduit un schéma d'habitat très contesté.


Pour le ministre de l’Industrie, Amara Benyounes, les investisseurs doivent avoir leur part de foncier dans les Villes Nouvelles. Une réplique directe au ministre de l’Habitat et de la ville, Abdelmadjid Tebboune qui envisage déjà de réaliser des logements supplémentaires à ceux prévus dans les différents plans directeurs initiaux.

Foncier : le nœud gordien

Selon les cadres du secteur, à Sidi Abdellah, c’est 80 000 logements qui seront implantés au lieu des quelques 41 000 prévus. Des assiettes de terrain seront dégagées pour accueillir des projets AADL en réduisant la part des grands équipements publics inscrits au préalable : 326 ha entre le pôle universitaire, la cité des sciences et des TIC, le pôle de santé, le complexe sportif, le studio du cinéma et un parc urbain récréatif de 400 ha sans compter les espaces dédiés aux voies express et ferroviaires. Quatre villes nouvelles (Sidi Abdallah (Alger), Bouinan (Blida), El-Ménéa (Ghardaïa) et Boughezoul (Médéa)) ont changé de tutelle après le dernier remaniement ministériel. Seule la nouvelle ville de Boughezoul échappe à la contrainte du foncier. Les terrains sont du domaine public mais n’attirent pas les investisseurs, y compris ceux de la région à cause de sa situation géographique et de son environnement infrastructurel. Pour El-Ménéa, l’établissement public de la ville nouvelle (EPVNEM) est en phase d’ « achèvement des études pédologiques, géotechniques et géomorphologiques du sol ».
 Ailleurs la propriété est le nœud gordien. Sidi Abdellah est déjà paralysée par le problème du foncier qui oppose l’Etat à des propriétaires privés et les réaménagements envisagés ne feront qu’aggraver la situation. Plusieurs propriétaires ne veulent pas vendre la totalité de leur terrain et quitter la localité. Les compromis laborieusement menés pour laisser aux propriétaires une partie de leur terrain pour des constructions, à usage d’habitation, strictement encadrées risquent de voler en éclat si le plan directeur initial est modifié.
Trouver d’autres compromis prend du temps et peut déboucher sur la confrontation. C’est le cas dans la nouvelle ville de Bouïnan où le Ministre de l’Habitat et le Wali de Blida se sont rendus en pompiers devant les contestataires (émeutiers), opposés à l’implantation de la nouvelle ville, pour annoncer « la levée du gel de délivrance des actes d’urbanisme ». Un recul aux conséquences imprévisibles pour l’avenir du projet.

Des avenants à la chaine

Des entreprises étrangères auxquelles des marchés ont été octroyés, depuis 2008, à l’image des Coréens, se retrouvent immobilisées à cause du non achèvement des opérations d’expropriations. Selon toujours des cadres en charge des opérations, ces entreprises sont payées (à ne rien faire) en recourant à des avenants à répétition. Un réaménagement du plan directeur appelle des retards et des dépenses supplémentaires.  Pour le moment, une instruction du Premier ministre ordonne au ministère de l’environnement de continuer à payer toutes les opérations engagées avant le mois de septembre 2013. Il n’est pas sur que le relais que doit prendre le ministère de l’Habitat à partir de janvier prochain sera sans conséquences, à la fois, sur de nouveaux retards mais aussi sur les coûts ; on susurre déjà que les opérateurs en place ne seront pas automatiquement reconduits.

Cités dortoirs à coûts de quartiers de luxe !

Dans cet imbroglio, la ville nouvelle de Sidi Abdellah est symptomatique de la gestion « à vue » de ces projets. Initié par la wilaya d’Alger en 1997, il est transféré en 2007 au transféré au ministère de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire (Mate). Au mois de septembre 2013, le liquidateur désigné n’avait pas encore achevé l’opération de transfert. Seul le patrimoine mobilier et le personnel étaient effectivement reversés de la wilaya d’Alger au Mate avant d’être, cette fois-ci, transféré au ministère de l’Habitat. Le journal Al Chourouq a révélé (documents à l’appui) que des décisions d’attribution d’assiettes foncières au profit d’agents économiques privés ont été signées le jour même de l’annonce du dernier remaniement ministériel ! Pourtant le liquidateur n’avait pas encore achevé l’opération de transfert du foncier. Aux dernières nouvelles le ministère de l’Habitat – nouvelle tutelle- vient de procéder à l’annulation de ces décisions.  Après le dernier remaniement et au moment de la cérémonie de passation de pouvoir, M.Tebboune a constaté « aucune ville n’est réellement née à Boughezoul, Sidi Abdallah, El Ménéa et Bouïnan ». A entendre l’encadrement de ces villes nouvelles, à force de changements de tutelle et de plans directeurs, en rognant sur les équipements et les infrastructures, on finira par reproduire des cités dortoirs à des coûts de quartiers de luxe. Signe des temps, le nouveau siège du ministre de l’environnement et de l’Aménagement du Territoire qui devait être implanté dans cette « ville du futur », Sidi Abdellah, une idée chère à l’ancien ministre du secteur, Cherif Rahmani vient d’être délocalisé sur Alger.




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