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Mercredi, 24 Janvier 2018

  •   Sana harb
  • mardi 1 octobre 2013 08:14

Algérie : les anti-subventions sans écho, les transferts sociaux en hausse (LF 2014)

Carburants trafic Le tour devis sécuritaire aux frontières contre les hallabas laisse sceptique (dr)

Le gouvernement algérien reste insensible à la multiplication des critiques contre la politique de subvention des produits de base en Algérie : la loi de finances 2014 prévoit même une augmentation des transferts sociaux. Le débat sur les subventions ne risque pas de s’ouvrir avant les présidentielles de 2014.

 

Le lobbying contre les subventions massives des produits de base se fait pressant en Algérie, mais il reste sans effet sur le gouvernement. Sans nier leur impact, le gouvernement maintient le cap pris depuis plus d’une décennie. Des parlementaires indiquent que la loi de finances pour 2014 (LF 2014) devrait reconduire l’ensemble des mesures de soutien des prix. Les premières fuites sur le projet de loi de finances 2014, adopté dimanche 29 septembre en Conseil des Ministre indiquent que les montants alloués aux transferts sociaux  seraient en augmentation de 106,8 milliards de dinars par rapport à 2013. Les critiques et alertes des économistes et du patronat privé restent sans écho au niveau de l’exécutif soucieux de préserver  la "paix sociale". Selon des chiffres livrés par El Khabar, le projet de loi de finances 2014 prévoit des transferts sociaux d’un montant global 1603,1 milliards de dinars contre 1496,3 milliards en 2013. C'est important, mais cela reste un peu loin du record absolu de l'année 2011 où ils avaient été portés à 2065 milliards de dinars. Il est vrai qu’il s’agit d’une année marquée par les émeutes de janvier et par un souci affiché d’éviter la « contamination » des changements politiques dans le monde arabe enclenchés durant la même période en Tunisie. Les transferts au titre des allocations familiales et au soutien au secteur éducatif et aux prix des produits de première nécessité et aux carburants sont de 399,3 milliards de dinars, soit 24,9% de l'ensemble du montant prévu. 314,7 milliards de dinars sont affectés à la santé (19,6%) et 280,9 milliards pour le logement (17,5%). Les transferts au titre des  retraites sont de 251,4 milliards de dinars  (15,6%) contre 108,5 milliards (11,2%) pour les pensions des moudjahidines et 176 milliards dinars (10,9%) pour les démunis et handicapés. Le cap est clairement maintenu malgré les critiques récurrentes et persistantes contre une économie « dopée et plombée » par la subvention. A l’exemple d’Abderrahmane Benkhalfa, expert financier et ancien délégué général de l’ABEF (Association des banques et Etablissements Financiers), qui a souligné que la contrebande aux frontières était le produit direct de la politique de soutien des prix. Pour lui, les mesures d’ordre sécuritaire pour lutter contre le phénomène ne seront pas efficientes. « Lutter contre la contrebande commence par une révision de la subvention », a-t-il dit.

 Un débat permanent mais théorique

 Le débat sur les subventions, qui se pose de manière différente et plus pressante en Tunisie et au Maroc, est devenu permanent en Algérie. Tout en restant purement théorique en raison du contexte politique. Un consensus se dégage entre des experts et le patronat, surtout le FCE, pour critiquer une forme d’allocation des ressources jugées « non-économique » et source de grand gaspillage. C’est un appel implicite et non affiché clairement à une « réorientation » de ces ressources. Abderahmane Benkhalfa le dit assez clairement : le gouvernement doit apporter « plus de subvention à la production, moins de subvention à la consommation » car en  l’état actuel de l’économie « subventionner la consommation équivaut à subventionner les importations ».  Reda Hamiani, chef du FCE est prudent, il n’appelle pas à la suppression des subventions mais à sa révision. Le FCE, a-t-il dit lors d’un atelier par son organisation sur la question n’entend pas revendiquer « ici et maintenant la suppression des subventions ou le transférer les soutiens de l’État des consommateurs vers les producteurs”. Par contre, il estime que ces subventions ne sont pas « réfléchies ».

 Un écart de 100 DA sur le super entre l’Algérie et le Maroc

 La subvention à l’électricité et aux carburants tend cependant à faire l’unanimité chez les experts, un peu moins chez les opérateurs économiques.  La subvention ne fait que créer une incitation aux importations de véhicules et nourrir la contrebande, tonne Benkhalfa. Et les mesures sécuritaires prises dernièrement pour endiguer le trafic des carburants aux frontières laissent sceptiques. Avec les dernières hausses de prix décidées au Maroc, le prix du super passe à 12,77 dirhams, soit l’équivalent de 127 dinars alors qu’il coute en Algérie 23 dinars. Plus de 100 dinars de différence sur le litre. De quoi inciter les « hallabas », rationnés dans les zones frontalières à aller chercher l’essence plus loin, à l’intérieur… La rentabilité reste élevée. Ali Aïssaoui, consultant à l’Arab Petroleum Investment Corporation (Apicorp), a relevé que le prix intérieur du gaz algérien est le plus bas de la région Mena : 0,50 dollar/MBTU contre 3,75 dollars/MBTU en Iran. Mais le contexte politique – encore lui – rend ce débat prématuré. Des ministres partagent largement les critiques aux subventions et les gaspillages qu’elles génèrent mais savent qu’il est hors de question de les remettre en cause. Du moins pas avant les présidentielles qui, selon le calendrier officiel, devraient se tenir en avril 2014.

 


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