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Lundi, 23 Avril 2018

  •   Nabil Zenache
  • samedi 2 novembre 2013 09:21

Algérie - Le dédoublement de la voie ferrée Bejaïa-Beni Mansour menace des usines employant 2.000 salariés

Train bejaia algerAvec le dédoublement de la voie ferroviaire, le train de voyageurs circulera à 160 km/heure.

Difficile dilemme pour les pouvoirs publics: un nouveau tracé pour le dédoublement de la voie ferrée Bejaïa-Beni-Mansour (87 km) ou la fermeture d’unités industrielles, dont une de la Laiterie Soummam employant 1.140 travailleurs. Des producteurs menacés par les expropriations prévues dans le cadre de ce projet déclaré d’intérêt public ont déjà posé le problème au ministère de l’Industrie. Ils revendiquent un nouveau tracé qui contournerait leurs usines.

 

Les pouvoirs publics sont dans l’obligation de faire un choix extrêmement difficile, et le plus rapidement possible: soit ils définissent un nouveau tracé pour le dédoublement de la ligne ferroviaire Bejaïa-Beni-Mansour sur 87 kilomètres, soit ils démolissent des usines qui se trouvent sur le tracé déjà défini, dont la nouvelle unité du leader algérien de produits laitiers, la Laiterie Soummam appartenant à la famille Hamitouche.

L’investissement dans cette unité a coûté près de 10 millions de dinars, a déclaré à Maghreb Emergent le cogérant de la Laiterie Soummam, Madjidi Hamitouche. Entrée en production il y a quelques mois, elle emploie 1.140 travailleurs. « Avec les autres unités qui se trouvent sur le tracé de la nouvelle voie ferrée, c’est au bas mot 2.000 emplois directs qui sont menacés, sans compter les emplois indirects », a prévenu, de son côté, un patron qui a requis l’anonymat et qui fait partie d’un « comité » créé pour le suivi du dossier auprès des autorités locales et nationales.

Pour rappel, il y a un peu moins d’une année, le projet de dédoublement de la ligne ferroviaire Bejaia-Beni Mansour a été officiellement décrété d’intérêt public et d’envergure nationale. L’enveloppe mobilisée pour sa réalisation est de quelque 106 milliards de dinars, soit quelque 1,3 milliard de dollars. L’Agence nationale d’études et de suivi des investissements ferroviaires (ANESRIF) a, depuis le début, buté sur le problème des oppositions des propriétaires des terrains se trouvant sur le tracé du projet qui contestent le barème d’indemnisation. Ce litige avec les unités industrielles menacées, dont la laiterie Soummam mais aussi le fabricant de boissons gazeuses et de jus de marque Star, complique davantage les problèmes que doit résoudre l’ANESRIF.

Pour l’heure, a confié Madjidi Hamitouche à Maghreb Emergent, « tout est bloqué. Il n’y a pas d’arrêté de démolition ». Il a ajouté : « Nous avons obtenu, en 2010, sans problème, le permis de construire ; il y a un mois ou deux, nous avons obtenu aussi le certificat de conformité. Et voilà que nous apprenons que nous serons touchés par le tracé de ce projet. C’est incroyable. Il n’y a tout de même pas deux administrations ! »

Le patron qui fait partie du « comité de crise » nous a appris qu’une délégation avait déjà été reçue au ministère de l’Industrie auquel elle a posé le problème. « Nous devons poursuivre les démarches pour amener les autorités politiques à faire une nouvelle étude en tenant compte de l’existant (permis de construction, certificats de conformité, NDR) car il n’est pas question de mettre à la porte des centaines de travailleurs. Il doit exister un moyen de contourner ces usines, qui créent de la valeur ajoutée. » 

 

Un projet stratégique

 

Avec le dédoublement de la voie ferroviaire, le train de voyageurs circulera à 160 km/heure et le train de marchandises à 100 km/h, d’où la suppression des passages à niveau à l’origine des nombreux accidents qu’on déplore chaque semaine.

Lors de la présentation de l’étude de ce projet, le wali avait affirmé que tout avait été tenté pour minimiser les expropriations bien que le budget des indemnisations fût déjà dégagé. Les autorités locales paraissaient avoir tiré des enseignements de précédentes situations conflictuelles comme celle qui s’était présentée lors de la réalisation du barrage de Tichi Haf : les propriétaires de terrains, qui n’avaient cessé de réclamer leurs indemnités, avaient dû fermer l’accès aux travailleurs du barrage pour faire entendre leur cause.

Pour le projet de dédoublement de la ligne ferroviaire Bejaïa-Beni Mansour, le chef de l’exécutif avait assuré que l’argent était disponible et qu’un accord de principe avait été trouvé avec tous les propriétaires concernés d’autant que le dédoublement ne concernera que 61% de la ligne. On avait affirmé, en outre, que le trafic allait être maintenu. Un « pont terrestre » devrait, à l’achèvement du projet, relier le port de Bejaïa à d’autres (Alger, Annaba, Skikda, Oran…) par la voie ferrée ; l’intérêt étant de réduire les temps de transit en accélérant les opérations de manutention. L’objectif serait de diminuer le temps de livraison et d’atteindre le « zéro délai ».

Par ailleurs, on avait indiqué que seront transportés quotidiennement un peu plus de 35.000 voyageurs en position assise et plus de 95.000 en position debout. Les trains de marchandises devraient transporter, quant à eux, 1.800 tonnes par jour. Les temps de parcours seront singulièrement réduits et on pourra gagner Alger en deux heures à deux heures et demie, avait-on assuré.


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