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Samedi, 21 Avril 2018

  •   Abderrahmane HAYANE (Paris)
  • mercredi 4 décembre 2013 06:30

Le Maghreb mal classé par le Baromètre de l'Open Data

Open DataL'Open Data nécessite une bonne dose de transparence.

 

Alors que le Maroc se positionne à la 40eme place, la Tunisie se classe au 55e rang mondial sur un total de 77 pays, par le Baromètre de l'Open Data, un projet collaboratif qui analyse la volonté des gouvernements dans le monde de publier leurs données et évalue la nature des données rendues publiques. L’Algérie n’est même pas citée.

 

L'Open Data (ouverture des données) représente une pratique de publication de données librement accessibles et exploitables par les citoyens. Elle s'inscrit dans une tendance qui considère l'information publique comme un bien commun dont la diffusion est d'intérêt public et général.  Premier du genre, le baromètre de l'Open Data, a été présenté lors de l’Open Government Partnership Summit qui se tenait à Londres il y a quelques semaines. C’est un projet de recherche conjoint initié entre l'institution britannique indépendante Open Data Institute et la World Wide Web Foundation (organisme de normalisation à but non lucratif). Les données pris en compte dans ce baromètre ont trait au budget du gouvernement, aux dépenses de ce budget, aux horaires des transports en commun, au commerce international, aux résultats des élections, aux indicateurs de la santé, de l'éducation, de l'environnement…

D'après ce baromètre, le Maroc est noté tout juste moyen dans la mise en place d'une infrastructure nationale (36,46 sur 100). En revanche, il est noté médiocre, aussi bien en termes d'impact de l'ouverture des données sur la politique, l'environnement, le social et l'économie (16,59 sur 100), qu'en matière de données publiées (27,84 sur 100). Le Maroc est pourtant à l’origine de la première initiative Open Gouvernment Data (OGD) en Afrique lancée en Avril 2011, suivi de près par le Kenya en juillet de la même année. Le Maroc avait lancé à l’époque un portail de données ouvertes, axé essentiellement sur les données financières. Le portail accueille actuellement une cinquantaine de bases de données, tous placées sous une licence Open Database, donc accessible au grand public. Mais cette ouverture des pouvoirs publics marocains s’est cantonnée à ce portail bien que la disponibilité accrue d’informations sur le budget et les finances de l’Etat, par exemple, ont stimulé un débat local important sur la transparence du gouvernement.

La Tunisie est bien notée dans la mise en place d'une infrastructure nationale (63,52 sur 100) mais reste médiocre en termes d'impact de l'ouverture des données sur la politique, l'environnement, le social et l'économie (26,46 sur 100), et même très médiocre en matière de données publiées (10,98 sur 100). Les années Ben Ali y sont sûrement pour beaucoup. Le prochain baromètre sera d’un éclairage important sur la disponibilité, ou non, des nouveaux gouvernants issus de la révolution, d’ouvrir réellement l’information et les datas gouvernementaux à tous. L’Algérie n’est même pas citée dans l’étude. Un choix délibéré des analystes du baromètre ou un constat sur l’inexistence de données data gouvernementaux accessibles au public ? Aucune indication dans le rapport à ce sujet, mais il parait évident que la 2ème probabilité est la plus envisageable.

Le Kenya, un exemple à suivre

Des institutions internationales et des bailleurs de fond comme la Banque mondiale ou la Banque africaine de développement (BAD) ont soutenu des études et encouragé la mise en place de mécanismes similaires à travers le continent africain. La BAD a d’ailleurs lancé en mai dernier son propre baromètre en ligne : la plate-forme Open Data pour l'Afrique réunissant les principaux indicateurs statistiques des 54 pays africains. L’Algérie apparaît dans cette plate-forme. Mais les données publiées se limitent aux grandes caractéristiques du pays en matière économique, démographique ou géographique. Est-ce à dire que les pouvoirs publics algériens ne sont pas sensibilisés ? Probablement. Il faut dire également que la notion même d’OGD est assez nouvelle dans le monde de l’information data. La Commission Européenne ne s’y est mise que récemment et la France, classée 10eme dans le baromètre, construit lentement son écosystème Open Data depuis à peine 4 ans.

C’est le Royaume-Uni qui arrive en première position. C’est l’un des pays précurseurs en matière d’Open Data, appuyé par un volontarisme fort du gouvernement, la mise en place d’institutions de référence en matière d’échanges de données et la création de  l’un des premiers portails nationaux de référence des données publiques, data.gov.uk. Les Etats-Unis obtiennent logiquement le second rang, suivis par la Suède, chef de file des pays scandinaves, très en avance dans l’ouverture des données publiques. La grande surprise vient du Kenya, le seul pays africain classé dans le top 25 de ce classement. En s’installant dans une confortable 22eme place, le pays se paie même le luxe de devancer des pays européens comme le Portugal, la Belgique, l’Irlande, ou la Grèce et les géants économiques mondiaux que sont le Brésil ou l’Inde ! A l'échelle arabe,  outre la Tunisie et le Maroc, les seuls qui apparaissent dans le classement sont les Emirats arabes unis (44e) et le Bahreïn (54e).

 


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