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Mardi, 23 Janvier 2018

  •   Propos recueillis pas Abdelkader Zahar
  • mercredi 10 avril 2013 04:30

Saïd Hamdani : Passer d’étudiant à entrepreneur, c’est risquer d’échouer plusieurs fois, pour gagner à la fin

 Algerian Startup InitiativeSalim Tari (g.), Saïd Hamdani, Lakhdar Walid Arabi (d.) à Rio.

 

Cinq algériens, dont trois étudiants de l’Ecole polytechnique d’Alger, ont pris part au Global Entrepreneurship Congress 2013 à Rio du 18 au 21 mars. Ils sont revenus plein d’idées et d’ambitions pour semer les graines de l’entreprenariat en Algérie auprès des jeunes diplômés en particulier. L’un d’eux, Saïd Hamdani, nous en dit davantage…

 

Comment évaluez-vous votre participation au Global Entrepreneurship Congress 2013 (GEC) de RIO ?

Cette participation* a été très positive. Sur le plan pédagogique, nous avons pris part à de nombreuses conférences très intéressantes sur l’entreprenariat, sur les problèmes qu’un entrepreneur peut rencontrer lors des phases de startup et de scale up, c'est-à-dire les phases de lancement d’entreprise et d’expansion et comment arriver à les surmonter. Nous avons reçu des conseils, des outils et des méthodes très actuelles qu’utilisent les entrepreneurs. Nous nous sommes aussi intéressés au climat d’affaire qui permet l’émergence d’un noyau de startup dans les nouvelles technologies. Le partage de l’expérience brésilienne a été très enrichissant. Même avec des problèmes de bureaucratie, le Brésil compte une toile très dense de startups dans les TIC, ce qui lui a permis de se hisser au rang de puissance économique mondiale. Nous avons donc constaté les conditions et politiques à mettre en œuvre dans un pays comme l’Algérie, pour favoriser la création et le développement de startups à valeur ajoutée. Certains entrepreneurs reconnus nous ont assuré qu’ils pourraient se déplacer en Algérie pour donner des conférences dans des universités et coacher des jeunes entrepreneurs.

 

Quels ont été les projets présentés par le groupe de participants algériens ?

Nous avons présenté le projet Algerian Startup Initiative (ASI), le bilan et les projets que nous comptons lancer cette année. Nous avons aussi parlé de notre aventure entrepreneuriale avec Algreenia, une entreprise sociale dans le recyclage de papier, que nous avons créé l’année passée. Nous avons reçu énormément de conseils et d’encouragement pour continuer ce projet, car nombre d’entrepreneurs présents s’intéressent de près à l’entrepreneuriat social. Nous avons d’ailleurs remarqué que c’est un domaine très en vogue partout dans le monde : comment créer une entreprise économiquement viable, qui impact positivement la société dans un domaine précis. Dans notre cas, c’était l’environnement et le cadre de vie que nous souhaitions impacter à travers de notre projet. La délégation a fait le plein en termes d’information, de contacts, et de possibilités de partenariat avec différentes startups et d’organisations internationales, comme la fondation Kauffman.

 

Le voyage à RIO des trois étudiants a été financé par Exclusive Tours.

Nous avons constitué un dossier de sponsoring, dans lequel nous avons expliqué la nature de notre participation à ce congrès, c’est à dire des étudiants aspirant à devenir des entrepreneurs. Nous avons aussi informé nos éventuels sponsors des dispositions fiscales permettant aux entreprises de sponsoriser des actions en faveur des jeunes. Après quelques semaines d’attente et de relance, nous avons obtenu une réponse de l’agence de voyage Exclusive Tours, dont le propriétaire est très sensible aux projets visant à développer les capacités des jeunes algériens. Nous souhaitons que plus de jeunes étudiants et entrepreneurs algériens participent à des évènements internationaux aux startups innovantes, grâce à l’aide d’entreprises déjà établies qui souhaitent encourager l’esprit d’entrepreneuriat en Algérie. Ce point est très important, car la plupart des étudiants ne savent pas qu’ils peuvent avoir accès à de nombreuses opportunités via un sponsoring. Beaucoup d’entreprises ne sont pas non plus au fait des dispositifs fiscaux leur permettant de soutenir les jeunes, et ne voient pas le gain qu’ils peuvent avoir en termes de communication.

 

Quels sont les projets d’ASI ?

Algerian Startup Initiative compte très prochainement lancer une nouvelle édition de sa compétition de business plan, avec un accent sur le coaching et le mentorat à long terme des startups honorées. Algreenia a été enregistrée en tant que marque déposée. Le lancement opérationnel n’a pas encore eu lieu en attendant l’acquisition du matériel nécessaire à l’activité.

 

Racontez-nous votre expérience de l'entrepreneuriat.

Mon expérience a débuté avec la création de l’entreprise Algreenia, au début de l’année 2011, avec des amis de l’Ecole Nationale Polytechnique (ENP). Après une étude du marché, nous avons constaté qu’il y’avait un chainon manquant dans la chaîne de recyclage du papier en Algérie, ou du moins que cette liaison n’était pas satisfaite amplement. Nous nous sommes rapprochés des professionnels du secteur, qui ont accueilli notre initiative à bras ouverts. Le projet a eu beaucoup d’écho dans la presse et dans les réseaux sociaux. Cette popularité nous a permis de gagner le concours INJAZ AL DJAZAIR puis INJAZ AL ARAB au niveau de la région MENA. Mais, nous avons pu aussi accéder aux finals de nombreux concours, notamment celui d’ASI qui couvrait la région Maghreb. Entre temps, j’ai intégré ASI comme Project manager de la compétition de business plan. Cette expérience était très enrichissante pour moi, puisque j’ai organisé un bon nombre de conférences sur l’entreprenariat dans différentes universités du pays.

 

Comment passer du statut d'étudiant à celui d'entrepreneur ?

Il faut avoir le courage de sortir de la zone de confort. Il faut prendre le risque d’échouer plusieurs fois, pour gagner à la fin. La plupart des étudiants préfèrent la sécurité d’un emploi, même s’il ne cadre pas avec leurs ambitions, que l’aventure de l’entrepreneuriat. Ce sentiment est légitime. C’est pour cela que je pense que pour passer du statut d’étudiant à celui d’entrepreneur, il faut d’abord se rapprocher de personnes, d’entreprises ou d’associations d’experts comme l’ASI, pour le conseille, coaching et le mentorat. Je pense aussi que la participation à des Business Plan compétitions et à différentes conférences sur le sujet peut donner un coup de pouce à l’étudiant. Il y a aussi des agences gouvernementales, tel que l’ANSEJ, qui fournissent une aide très précieuse à ceux qui songent à devenir entrepreneurs.

 

Pensez-vous que l'Université algérienne prépare suffisamment à l'entreprenariat ?

Non, l'université ne prépare pas suffisamment à l'entreprenariat. Très peu d’établissements universitaires en Algérie proposent des cours dédiés à l’entreprenariat, et aucune n’a de filière spécifique. Et lorsqu’ils existent, ces cours sont théoriques. Je pense que l’organisation régulière de conférences, avec la participation d’entrepreneurs locaux, serait une bonne chose. Les structures publiques destinées à aider les jeunes entrepreneurs, comme l’ANSEJ, ne sont pas du tout implantées dans les universités. Elles devraient organiser des séances d’informations plus souvent, pour éveiller et encourager les étudiants à lancer leurs startups.

 

Le financement des projets est-il le seul écueil à l'entreprenariat ?

Non. Le mentorat et le coaching sont beaucoup plus importants, particulièrement en Algérie. Au-delà d’un financement, il faut suivre les startups et être là pour les conseiller et les aider tout au long de leur phase de maturation. La création d’incubateurs, doté de programmes de coaching, un peu partout en Algérie, gérés par des entités non publiques, c’est plus urgent.

 

Que suggérez-vous en matière de facilités

Principalement, la facilitation des procédures administratives liées à l'activité d'entrepreneur. Le Brésil et d'autre pays émergents se sont dotés d'outils informatiques spécialement dédiés à la création d'entreprises. Ce genre d'initiatives permet un gain significatif de délais. Une autre option est la création de pôles technologiques et des réseaux d'incubateur dotés de programmes de formation et d'échange avec les plus importants incubateurs mondiaux pour les entrepreneurs.

 

 

(*) La délégation algérienne était composée de : Lakhdar Walid Arabi (ENP), Saïd Hamdani (ASI), Rachedi Hassan (Edson Sarl), Fatiha Rachedi (GEW Algeria), et Salim Tari (ALGreenIA).

 


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