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Mardi, 23 Janvier 2018

  •   Sana Harb
  • vendredi 14 juin 2013 09:12

Sous pression des salafistes, l’Algérie va édicter une fatwa sur les intérêts bancaires

Bouabdallah Ghlamallah Le ministre des affaires religieuses Bouabdallah Ghlamallah veut une Fatwa (dr) 

Avec un taux d’intérêt de 1%, le nombre de micro-entreprises a explosé en Algérie malgré une campagne salafiste contre le Riba ou le prêt usuraire. Le gouvernement a reculé en décidant des crédits sans intérêt. Le ministre des affaires religieuses a annoncé une fatwa sur la question. Les salafistes sont-ils en train d’imposer leurs vues ?

 

  Le ministre des affaires religieuses et du Wakf, Bouabdallah Ghlamallah, a organisé, hier, une réunion pour émettre une Fatwa au sujet des micro-crédits à destination des jeunes avec la participation d’universitaires spécialisés en économie, en fiqh (théologie) et des représentants des différents rites existants en Algérie.  Devant le Conseil de la Nation, il a dit qu’il espérait émettre une fatwa unifiée qui sera la référence pour les jeunes et les banques qui accordent ces micro-crédits.  Glamallah a justifié l’initiative de son ministère par l’existence de divergences sur la « position légale » (au sens de la Charia) au sujet des intérêts bancaires. La nouvelle fatwa sur les micro-crédits sera publiée le plus tôt possible dans les journaux, a-t-il indiqué,  une fois qu’il y a accord sur elle. Ce souci d’édicter une « fatwa » intervient dans le contexte d’une campagne permanente des réseaux salafistes contre les « taux usuraires ».  Les crédits accordés par le biais de  l’ANSEJ (Agence Nationale de soutien à l’emploi des jeunes) et la CNAC (Caisse nationale d’allocation chômage) étaient cependant très courus malgré les avis religieux qualifiant le taux d’intérêt très symbolique de 1% de pratique « usuraire ». Même s’il n’a jamais fait mention de cette dénonciation de «l’usure » (Riba), le gouvernement a de fait cédé à ces exigences.   Le 11 mai dernier, Abdelmalek Sellal a indiqué à Laghouat que le  taux d’intérêt de 1% imposé aux crédits bancaires “sera annulé de manière définitive pour tous les projets d’investissement réalisés par les jeunes à travers le pays”. Auparavant ce taux zéro était limité aux régions du sud et des hauts-plateaux.  Dans la foulée il avait annoncé la prolongation de 6 à 10 ans de la durée d’exonération d’impôts et de 3 à 10 ans de la durée d’exonération de l’impôt sur le foncier.

 400 milliards de DA de crédits malgré la campagne anti-Riba

  La campagne contre les prêts « usuraires » n’a pourtant pas eu d’incidence sur l’afflux des demandes de crédits dans le cadre de l’Ansej et la Cnac.  Le cap des 100 000 micro-entreprises  créées dans le cadre des dispositifs d’aide à l’emploi de jeunes a été franchi en 2012: 65 000 par l’Ansej et 34 800 par la Cnac. Les crédits octroyés atteindraient les 400 milliards de dinars, soit plus de 5 milliards de dollars, selon certaines estimations. Sur les réseaux, les salafistes ont crié victoire. Le Président de la commission des fatwas au conseil supérieur islamique, M. Mohamed Cherif Kaher, s’est réjoui de la décision du gouvernement. Le fait que l’Etat prenne en charge le paiement des intérêts transforme ces prêts en « actes licites », a-t-il dit. Il a invité les jeunes à bénéficier en toute confiance de ces formules en remarquant  qu’« avant la suppression des intérêts, de nombreux jeunes s’en étaient détournés, de peur de commettre des actes illicites ». Ce qui donne le ton sur la Fatwa annoncée par Ghlamallah, les religieux faisant en général une lecture littérale du verset  275 de la Soura II, «Dieu autorise la vente et prohibe l’usure» et du verset 278 «Vous qui croyez prémunissez-vous envers Dieu, abandonnez ce qu’il vous reste à percevoir d’usuraire si vous êtes croyants ».  Les plus « ouverts » ont tendance à inciter ceux qui n’ont pas d’autres moyens de gagner leur vie de l’accepter par « contrainte ».  

 Equation faussée

 Sans même discuter de l’aspect économique, certains ont estimé absurde de céder sur ce taux d’intérêt symbolique de 1%.  A l’image d’un chroniqueur du Quotidien d’Oran qui soulignait que ce « sont des jeunes valides et normalement constitués. A cet effet, ils doivent quelque chose contre ce que leur offre la nation. Sinon la donne et l’équation sont faussées, et les résultats seront à fortiori, si ce n’est déjà le cas, socialement cataclysmiques ». Le même chroniqueur, Abdelkader Leklek, citait le professeur Mohamed Charfi. « Nous distinguons aujourd’hui d’une part le prêt à intérêt à un taux raisonnable, qui est permis par la loi, réglementé et contrôlé par l’institut d’émission et qui rend les meilleurs services à l’économie, et, d’autre part, l’usure, qui est illégale parce que les taux sont excessifs, immoraux et néfastes pour l’économie. Mais les théologiens, n’ont pas pensé à cette distinction qui, à l’époque, n’existait pas et ont, de ce fait, interprété le riba comme étant non seulement l’usure mais tout prêt à intérêt même minime ». La Fatwa annoncée sera décortiquée avec attention. « Dans un pays où les jeunes ont fini par croire que le diplôme est un « droit » et ne nécessite pas du travail et de l’effort, une fatwa officielle prohibant des taux d’intérêts bancaires, même modestes, risque de créer le sentiment que le crédit sans contrepartie est un « droit »se désole un économiste.

 

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6 Commentaires

  • Une petite réponse à ceux qui relativisent le taux d'intérêt en le comparant à à l'inflation.
    http://www.islam-qa.com/en/23388

    Rapporter Ahmed x dimanche 29 septembre 2013 15:24
  • Le taux d'inflation est present. 1000 DA il y a 1 an ou 2 ans ou 10 ans n'est pas le meme qu'aujourdhui. Qui a le courage de preter beacoup d'argent sans interet a quelqu'un d' etranger. S'il le fait c'est qu il est ignorant ou stupide. Chacun sait que les prix augmentent chaque annee. Si je prete 50000 Da a Ali au lieu que j'achete une television. Apres 2 ans je dis a Ali donne moi mes 50000 DA pour acheter la meme television. Mais je me rend compte qu son prix a augmente de 1000DA. Alors soit qu'Ali me donne la difference parceque je me suis prive d'acheter la tele pour l'aider. Ou je dois trouver la difference de ma propre poche. Tout cela s'applique a tous genre. Tels que la nourriture, les vetements etc../

    Rapporter nassim mercredi 10 juillet 2013 16:21
  • on dit que el slam dine eddouala islam condamne energiquement le ribbah pourqoi que l etat perment le pret bancaire pour un pays riche comme l algerie

    Rapporter bekakra dimanche 23 juin 2013 19:42
  • A partir du moment ou la liberté individuelle de conscience est inscrite dans la constitution comme l'imposent tous les traités dont l'Algérie est signataire,

    la religion est une affaire individuelle et strictement privée et n'a rien à faire dans la gestion des affaires publiques!

    Surtout quand on sait que ces Sales Afistes pratiquent l'escroquerie, le mensonge, la violence, à tous les niveaux. Un vrai poison pour la société, des ennemis de Dieu quoi!

    Rapporter Mohamed Aissa vendredi 21 juin 2013 10:40
  • Le taux d'intérêt de 1% est un taux d'intérêt nominal. Le taux d'intérêt réel est égal au taux d'intérêt nominal (1%) diminué du taux d'inflation moyen annuel (3,9% entre 2006 et 2012) soit -2,9%. Cela voudrait dire qu'un projet financé avec un taux d'intérêt bancaire de 1% recevra de l'économie un gain de 2,9% sur un an. Où est donc la RIBA. La RIBA devrait être considéré à partir du moment où le taux d'intérêt nominal (proposé par la banque) est égal à l'inflation moyenne. Il faut faire acte d'un minimum d'IJTIHAD et nul ne peut dire n'importe quoi. La RIBA doit être d'abord l'affaire des économistes musulmans et non celle de n'importe quel généraliste qui peut gravement et involontairement tromper ses auditeurs.

    Rapporter R. Vanvehmet mercredi 19 juin 2013 17:07
  • Le Riba est clairement proscrit dans le Koran qu'el que soit le taux. Mais au lieu de "donner" de l'argent comme ca,il faut penser a etablir les formes des finances islamiques telles La Mourabahah,Mou'ajarah.Le risque doit etre assume et l'argent ne tombe pas du ciel comme ca! Assumez que la finance provient des epargnes individuelles, it is common sense that measures are taken not to allow 100% risk assumed by the people saving and hoping for a return on investment!

    Rapporter Akerthache samedi 15 juin 2013 15:43