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Mardi, 23 Janvier 2018

  •   Yazid Taleb
  • mardi 3 décembre 2013 07:08

Les trois sources des crédits pourris des banques publiques algériennes

TrésorLe Trésor public ‘rachète’ régulièrement les créances pourries aux banques de la place (dr)

Du financement obligatoire du secteur public hier à celui de la micro entreprise aujourd’hui, les banques publiques algériennes, en butte  aux injonctions de leur actionnaire unique, peinent à maîtriser  la gestion des risques de crédit.

 

 Au terme d’un séjour de deux semaines en Algérie, le chef de la mission  du FMI a  livré un diagnostic nuancé sur un «  secteur financier algérien  liquide et bien capitalisé, mais qui demeure sous-développé ». « Si le crédit à l’économie augmente rapidement, il demeure insuffisant pour répondre aux PME. Une plus grande concurrence et de meilleurs outils d’évaluation des risques de crédit inciteraient les banques à s’orienter davantage vers les PME »avait conclu la mission du FMI

Quelle est la situation du système bancaire algérien ? Le « rapport sur la stabilité financière du secteur bancaire algérien », publié cet été pour la première fois  par la Banque d’Algérie mais passé un peu inaperçu, fournit des informations importantes. On y apprend notamment que « le niveau des créances non performantes des banques publiques continue à être une source de préoccupation » pour les autorités financières algériennes. Le niveau atteint par ces  créances irrécouvrables  est une faiblesse traditionnelle du secteur bancaire algérien. Des taux, de l’ordre de 20%, très supérieurs à ceux des économies voisines ou comparables, étaient encore la règle voici quelques années.  Bien qu’encore particulièrement élevé, l’importance de ces crédits « pourris »  dans les engagements des banques publiques tend cependant à se réduire ; ils ont été  peu plus de 14 % fin 2011 contre encore 21 % à fin 2009. La Banque d’Algérie y voit une « faiblesse notable des banques publiques par rapport à leurs concurrentes du secteur privé » pour lesquelles  les taux, de l’ordre de 3%, sont beaucoup plus faibles.

 Le gouffre des entreprises publiques

 On peut sans difficultés  distinguer 3 périodes historiques dans la formation des créances non performantes des banques publiques. La première,  bien connue, remonte à plusieurs décennies et se poursuit  jusqu’à la période présente. Elle est  liée à l’engagement imposé aux banques par leur actionnaire unique de financer les entreprises d’Etat « déstructurées financièrement », c'est-à-dire incapable de rembourser leurs dettes. C’est dans le but de compenser cette obligation que  le Trésor public « rachète » régulièrement ces créances aux banques de la place.  Le rapport de la Banque d’Algérie indique à ce propos que dans le cadre de l’assainissement financier  des banques publiques, l’Etat propriétaire a remboursé par anticipation  entre 2008 et 2011, une grande partie des obligations correspondant aux  créances non performantes que les banques  détenaient sur des entreprises publiques déstructurées ou dissoutes. La dette publique, au titre de ce type de créances, a ainsi été ramenée de près de 8 milliards de dollars à fin 2007 à environ 2,5 milliards  à fin 2009.

L’ennui est que simultanément  les banques publiques ont continué  à accumuler des créances non performantes sur des entreprises publiques réputées « viables mais déstructurées »,  pour des montants proches de 4,5 milliards de dollars… Des montants que le Trésor public a de nouveau pris en charge via l’émission d’obligation d’Etat. Au bout du compte, l’encours des rachats de créances non performantes par le Trésor s’élevait donc encore à près de 7 milliards de dollars  à fin 2011.Le rapport de la Banque d’Algérie confirme bien l’ampleur et l’actualité intacte  du mouvement incessant de gonflement et de dégonflement des créances impayées sur le secteur public dont l’impact sur le bilan des banques est effacé périodiquement par l’intervention du Trésor .

 Des crédits « très concentrés » sur des emprunteurs privés.

 La deuxième source de formation des créances non performantes au sein des banques publiques est moins bien connue. Elle résulte d’ « une faiblesse des banques publiques en termes de gestion du risque de crédit sur des emprunteurs privés, particulièrement pour la période 2004-2007 ». Durant cette période, note la Banque d’Algérie « des emprunteurs liés économiquement entre eux, et opérant sous différentes dénominations, formaient des groupes de fait, dont l’endettement total était insuffisamment apprécié par les banques publiques prêteuses. De tels crédits, très concentrés, accordés à ces groupes informels, se sont progressivement avérés non performants ». On pense bien sûr à des  faillites retentissantes comme celles du groupe Tonic Emballage qui ont fortement fragilisées des banques publiques, notamment la BADR, dont les dirigeants n’avaient pas respecté  les précautions d’usage en matière de division des risques.  A la suite de ces « affaires » qui ont défrayé la chronique, «  les banques publiques ont renforcé leurs structures de gestion du risque de crédits à l’égard du secteur privé » indique la Banque d’Algérie en soulignant qu’en « 2008-2009, les fonds propres de deux banques publiques ont été renforcés pour un montant total de 42 milliards de dinars intégrés au capital de celles-ci. »

La bombe à retardement de la micro entreprise

La troisième source historique de formation des créances non performantes pour les banques publiques est encore mal mesurée. Elle est liée au coût financier des  dispositifs mis en place par les pouvoirs publics pour assurer le financement de la micro entreprise. Certains experts indépendants le chiffraient récemment à près de 5 milliards de dollars en rythme annuel à la suite de leur  montée en puissance des dernières années. Ce sont  essentiellement les banques publiques qui payent, fortement incitées à le faire par leur actionnaire unique. La terminologie adoptée par les banques algériennes dans leurs rapports annuels  à propos des « dispositifs mis en place par les pouvoirs publics » ou des « dispositifs du gouvernement » est révélatrice du peu d’enthousiasme que  ces dispositifs d’exception inspirent   aux responsables des établissements bancaires algériens. Leur montée en puissance récente et l’importance qu’ils sont susceptibles de prendre au fil du temps dans le portefeuille des banques est - elle de nature à soulever  un problème spécifique d’impayés ? Les informations fournies par le régulateur du secteur et les banques elles même, sont pour l’instant  muettes sur ce chapitre. Les chiffres mentionnés pour la première fois par Benmeradi voici quelques  semaines    renseignent cependant sur l’ampleur d’un problème à propos duquel les autorités financières  ont préféré jusqu’ici  observer une certaine discrétion.

 

 


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