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Mardi, 23 Janvier 2018

  •   Oxford Business Group
  • vendredi 30 août 2013 12:55

Les grandes banques marocaines vont emprunter sur les marchés internationaux

AttijariwafabankAttijariwafabank va lever 500 millions de dollars sur le marché international des capitaux (dr) 

Soucieuses de renforcer et de diversifier leurs sources de revenus, les trois principales banques du Maroc prévoient de contracter des emprunts sur les marchés de capitaux internationaux en 2013.

 

 

Attijariwafa Bank, la Banque Centrale Populaire (BCP) et BMCE Bank se préparent toutes à émettre des obligations libellées en devises étrangères cette année, même si les dates n'ont pas encore été arrêtées. L'économie marocaine a été mise à mal par le repli économique dans l'Union européenne (UE), son principal partenaire commercial, ainsi que par la hausse du coût des importations d'énergie et la faible croissance des exportations, ce qui s'est traduit par une baisse des liquidités sur le marché bancaire, ainsi qu'un ralentissement de l'économie en général. Conquérir les marchés de la dette internationaux devrait permettre de lever les capitaux nécessaires pour renforcer le niveau de liquidité des banques et appuyer les projets d'expansion à court terme.

500 millions d’euros pour Attijariwafa Bank et BMCE Bank

La principale institution de financement, Attijariwafa Bank, a annoncé la première qu'elle émettrait des titres de créance libellés en devises à hauteur de 500 millions de dollars pour appuyer son expansion future. L'émission obligataire a été approuvée par l'assemblée générale de la banque à la fin du mois de mai, mais sa date n'a pas encore été communiquée. Par ailleurs, Attijariwafa a signé en juillet un accord avec Citibank Maghreb et l'Overseas Private Investment Corporation (OPIC) américaine concernant l'octroi d'un prêt de 40 millions de dollars sur huit ans. Les fonds octroyés par l'OPIC, une institution gouvernementale américaine qui effectue des investissements privés dans des projets de développement économique étrangers, seront alloués au financement de petites et moyennes entreprises.

BMCE Bank, la troisième banque du pays en termes d'actifs, prépare elle aussi une émission d'obligations internationales à hauteur de 500 millions de dollars sur cinq ans, et a engagé Barclays, Citibank et BNP Paribas à titre de conseillers. Ces dix dernières années, BMCE a massivement mobilisé ses ressources nationales pour financer son développement sur d'autres marchés africains, mais il s'agira de sa première émission d'obligations internationales. L'opération, initialement prévue fin juin, a finalement été reportée.

Pour BMCE et Attijariwafa, les capitaux levés permettront de favoriser le crédit, mais aussi de financer les stratégies d'expansion ambitieuses des banques ; les deux institutions de financement prévoient en effet de renforcer leur présence en Afrique du Nord, en Afrique de l'Ouest et en Afrique centrale ces dix prochaines années.

La BCP, seconde banque du Maroc, a annoncé en juillet qu'elle envisageait d'émettre des obligations en devises étrangères à court terme avant la fin de l'année. D'après une déclaration de la direction de la banque, recueillie par Reuters au mois de juillet, la BCP n'a pas de besoin de financement immédiat, mais souhaite mobiliser des capitaux étrangers pour favoriser le crédit et diversifier ses sources de revenus, face à la pénurie de liquidités nationales.

Réduire la pression sur les ressources bancaires

 Le recours aux marchés étrangers contribuera à réduire la pression exercée sur les ressources bancaires. Les dépôts progressent lentement mais sûrement ; le volume total de placement de la clientèle a progressé de 2.9 %, pour atteindre 696.6 milliards de dirhams (62.41 milliards d'euros) en 2012, après avoir affiché une croissance de 4.5 % en 2011. La demande de crédits continue d'augmenter, malgré le durcissement des politiques de gestion des risques des banques, imputable au ralentissement économique et à la pénurie de liquidités. Le volume total des crédits consentis en 2012 a progressé de 5.3 % pour s'établir à 722 milliards de dirhams (64.68 milliards d'euros), un taux qui reste néanmoins inférieur à celui enregistré en 2011 (11.2 %). Ce fléchissement est principalement attribuable à la baisse de la demande des entreprises, qui a augmenté de 4 % en 2012, tandis que le crédit aux ménages s'est accru de 9 % en 2012, globalement au même rythme que ces trois dernières années. Le volume des prêts non productifs a été porté de 4.8 % du crédit total en 2011 à 5 % en 2012 ; bien que gérable, cette hausse est récente, et liée aux conditions d'exploitation difficiles des entreprises, en particulier celles des secteurs fortement exposés aux marchés internationaux et à la concurrence.

Un niveau de liquidité tributaire de la croissance

En 2012, la banque centrale a pris plusieurs mesures pour assouplir la politique monétaire, renforcer les liquidités du marché et favoriser le crédit. Bank Al Maghrib a réduit son taux directeur de 25 points de base, le portant ainsi à 3 % au premier trimestre, et réduit le taux de réserves obligatoires de 6 % à 4 % en septembre 2012. Par conséquent, les dépôts auprès de la banque centrale ont chuté de 25.4 %, pour s'établir à 19 milliards de dirhams (1.7 milliard d'euros) à la fin de l'exercice 2012, libérant ainsi 7 milliards de dirhams (630 millions d'euros), d'après les estimations. Bank Al Maghrib a également ajouté les certificats de dépôt à la liste de titres acceptés en garantie pour les avances de la banque centrale.  L'internationalisation croissante du secteur bancaire est prometteuse, mais l'amélioration durable du niveau de liquidité des banques reste tributaire d'une reprise de la croissance économique, d'une hausse du volume des exportations et d'une reconstitution des réserves fiscales et externes. Si le Maroc reste confronté à un environnement extérieur difficile, le Fonds monétaire international (FMI) anticipe néanmoins une hausse de la croissance du produit intérieur brut (PIB), de 3 % en 2012 à 4.5 % en 2013.

Les indicateurs restent « forts»

Malgré un contexte économique tendu, les indicateurs du secteur sont restés forts. La banque centrale a renforcé sa surveillance en 2012 pour veiller à ce que les institutions de financement conservent un niveau de liquidité et de réserve adéquat, et poursuit sa politique de réforme en prévision des exigences de l'accord de Bâle III. En juin 2013, Bank Al Maghrib a porté à 9 % le ratio minimum des fonds propres Tier 1, et à 12 % le taux d'adéquation des fonds propres, tous deux d'ores et déjà atteints sur le marché domestique ; en juillet, le ratio Tier 1 était de 10.2 %, et le taux d'adéquation des fonds propres de 12.9 %. Conjuguées à une surveillance accrue et un assouplissement des politiques monétaires, ces mesures ont contribué à assurer une solide assise au secteur financier marocain, malgré un environnement encore fragile.

 


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