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Mardi, 23 Janvier 2018

  •   Yazid Taleb
  • mardi 11 juin 2013 01:01

Algérie - Le financement des micro-entreprises par les banques publiques en attente d’évaluation

AnsejPour le DG de l'Ansej, les déperditions de crédit sont minimes (dr)

Les statistiques sur la création de micro-entreprises sont en pleine explosion. Et les interrogations montent sur le coût réel de ces dispositifs pour les banques publiques  qui  assurent 70% du financement mis en place.


Le cap des 100 000 micro-entreprises  créées dans le cadre des dispositifs d’aide à l’emploi de jeunes a été franchi en 2012, a-t-on appris au cours des dernières semaines. Le chiffre exact est de 100 800 micro-entreprises dont  65 000 micro-entreprises créées par l’Ansej et 34 800 par la Cnac. Ces chiffres récents confirment que les dispositifs destinés à développer l’emploi des jeunes sont en pleine explosion. A l’origine de l’accélération des activités des 2 agences depuis 2 ans, leurs directeurs généraux mentionnent les décisions prises le 22 février 2011, qui ramènent l’apport personnel au niveau symbolique de 1 ou 2% du montant de l’investissement fixé désormais, au maximum, au seuil symbolique de  10 millions  de dinars. Autres facteurs ayant contribué à l’engouement pour cette formule : la participation active des banques publiques ainsi que les facilitations dans l’accès aux locaux.  S’ils exercent une influence croissante sur la société algérienne, l’impact économique réel de ces dispositifs, qui ont maintenant plus de 15 ans d’existence dans le cas de l’ANSEJ, reste cependant plus sujet à controverse et continuent de soulever des interrogations

La micro-entreprise, combien ça coute ?

Il n’existe pour l’instant aucune évaluation  du coût financier global des différents dispositifs mis en place par les pouvoirs publics. Aucune institution gouvernementale n’a jugée utile de la faire jusqu’à présent. Un spécialiste du traitement de ces dossiers au sein d’une banque publique se livre à une tentative de chiffrage. « En retenant l’hypothèse d’un crédit moyen de 4 millions de dinars,  les financements ANSEJ et CNAC qui ont concerné au total un peu plus de 100 000  dossiers en 2012  pourraient s’élever  à prés de  400 milliards de dinars soit plus   de 5 milliards de dollars ». Des financements dans lesquels les banques publiques sont en première ligne. On sait que dans les 2 dispositifs uniformisés, 70% du crédit  est à la charge des banques. A cela s’ajoutent, un prêt non rémunéré représentant 28 ou 29% du crédit  consenti par les agences concernées, l’apport personnel étant ramené au niveau symbolique de 1 à 2% du crédit. Ce sont donc essentiellement les banques publiques, fortement incitées par leur actionnaire unique, qui payent. Le directeur de la Cnac  souligne la progression du taux des accords bancaires. « Jusqu’en  2008, le taux d’accords bancaires ne dépassait pas  30%, mais depuis 2008, ce taux a nettement évolué pour atteindre aujourd’hui près de 96% ».

Crédits en hausse

Ces évaluations globales semblent confirmées par les informations communiquées voici quelques mois  par la BDL, seule banque à avoir pour l’heure  publié le bilan de son activité dans ce domaine au titre de l’année 2011. Selon le directeur du crédit aux particuliers, M. Neddir Noureddine, la BDL a octroyé près de 44 milliards de DA de crédits aux micro-entreprises en 2011 contre seulement 14,4 milliards de DA en 2010, soit une hausse de 205%.  Il a attribué cette augmentation sensible du montant des crédits octroyés à  la hausse du plafond des crédits et au relèvement de l’âge d’éligibilité des porteurs de projets. La forte progression des crédits accordés aux micro-entreprises s’expliquerait également par la réduction, depuis juillet 2008, des taux d’intérêt sur les crédits octroyés dans le cadre de ces dispositifs et par l’augmentation de la durée de remboursement du crédit qui a été portée à 8 ans.

Un problème spécifique d’impayés ?

La terminologie adoptée par les banques algériennes à propos des « dispositifs mis en place par les pouvoirs publics » ou des « dispositifs du gouvernement » est  certainement révélatrice du peu d’enthousiasme que  ces dispositifs d’exception inspirent encore  aux responsables des établissements bancaires algériens. Leur montée en puissance récente et l’importance qu’ils sont susceptible de prendre au fil du temps dans le portefeuille des banques est - elle de nature à soulever notamment  un problème spécifique d’impayés ? Les informations fournies par les banques sont pour l’instant  muettes sur ce chapitre.  Les « déperditions » de crédits souvent évoqués par la presse nationale sont  d’autre part minimisées par le DG de l’Ansej M, Mourad Zemali. Il assurait encore récemment que les micro-entreprises étaient de « bons clients » pour les banques. Même son de cloche du côté de la CNAC où le Directeur des prestations, M.Ali Zanoun qui a affirmé que le nombre de micro-entreprises qui n’arrivent pas à rembourser leurs crédits bancaires reste faible. « 1100 micro-entreprises sur les 74 000 créées par la Cnac, depuis le lancement du dispositif en 2005, ont présenté des difficultés à rembourser leurs crédits. Cela représente un pourcentage qui ne dépasse pas les 2% ». Récemment, un responsable de l’Ansej mentionnait le chiffre de 4000 dossiers de bénéficiaires défaillants déjà présentés à la caisse de garantie. 6000 dossiers supplémentaires seraient en cours de traitement et devraient s’ajouter à ce total. Des chiffres qui renseignent sur l’ampleur d’un problème à propos duquel les pouvoirs publics préfèrent pour l’instant observer une certaine discrétion.


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