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Mardi, 23 Janvier 2018

  •   Yazid Taleb
  • lundi 16 septembre 2013 21:22

Le coup de frein sur les commissions recadre les banques privées algériennes

 LaksaciAprès avoir averti, Mohamed Laksaci a frappé fort (dr)

Les banques privées vont revoir leur stratégie sur le marché algérien. Le plafonnement des commissions sur le commerce extérieur annoncé cet été par la Banque d’Algérie leur fera perdre plusieurs centaines de millions de dollars de revenus.

 

 Maghreb émergent avait publié au printemps dernier une série d’articles annonçant   des résultats financiers des banques privées algériennes de plus en plus dépendants   des opérations du commerce extérieur et dopées ces dernières années par l’ « effet d’aubaine » du crédit documentaire. Nous faisions également état de  l’inquiétude croissante des autorités financières vis-à-vis de cette situation.  La réaction du régulateur du secteur, même si elle s’est fait attendre, aura  été finalement extrêmement vigoureuse. La Banque d’Algérie a  en effet publié au cœur de l’été un règlement qui  fixe les conditions de banque applicables en Algérie, c'est-à-dire « la rémunération, les tarifs et  les commissions appliqués aux opérations  réalisées par les banques et établissements financiers ». La nouvelle réglementation se distingue surtout par le fait qu’elle introduit, pour la première fois, un plafonnement des marges applicables  aux opérations du commerce extérieur. Un plafonnement   qui aura  sans aucun doute un impact considérable sur la rentabilité et les activités des banques privées. En fait, nos sources précisent que  le texte publié au journal officiel à la fin du mois de juin avait été soumis au Secrétariat Général du Gouvernement dès le mois d’avril dernier et a dû attendre son approbation définitive pendant près de 3 mois

« Plus de 10 fois supérieures à la normale »

Ce sont essentiellement les rémunérations prélevées  par les banques qui étaient  dans le collimateur des autorités financières. Un expert  souligne  le caractère particulièrement élevé, voire « choquant », des commissions de change prélevées par les banques privées qui atteignaient « entre 1et 2% alors que la commission de la Banque d’Algérie ne dépasse pas 0,1% ». Les rémunérations substantielles prélevées par l’ensemble des banques privées de la place  n’auraient « quasiment aucune contrepartie en terme de service rendu » et seraient « plus de 10 fois supérieures à la normale ». Une situation qui ne serait pas non plus sans conséquence sur le niveau  général des prix. Un  banquier estime à« plus  d’un (1) point d’inflation » l’impact des commissions  bancaires prélevées dans le sillage de la généralisation du Credoc. Des « performances » qui n’ont manifestement pas été du goût du régulateur du secteur. Le Gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, instruit par une analyse effectuée sur l’activité des banques au cours des années 2011  et 2012, avait rappelé très sèchement  voici quelques mois  aux banquiers privés que « les agréments leur ont été délivrés pour faire de l’intermédiation bancaire, c'est-à-dire principalement pour collecter l’épargne et financer l’investissement ». Un rappel en guise d’avertissement qui a été suivi de mesures destinées à rendre l’activité  de financement du commerce extérieur nettement moins attractive . Les décisions annoncées au cours de l’été ont pour principal objet de provoquer  une réduction très sensible de la commission de change prélevée par les banques privées. Le nouveau texte précise en effet que cette dernière ne devra pas dépasser désormais 0,25%.Idem pour la commission de règlement également plafonnée à 0,25%.Ces mesures auront des conséquences importantes sur une  rentabilité des banques privées jugée encore « exceptionnelle » à fin 2012. Elle  devrait baisser très fortement dès cette année. Un banquier de la place estime la perte probable à « plusieurs centaines de millions de dollars en année pleine du fait que la commission de change à elle seule représentait entre 20 et 60% des revenus des banques privées ».

 La fin de la spécialisation ?

A l’origine des  mesures adoptées par le gouvernement, on trouve le constat que la généralisation du crédit documentaire imposée voici près de 4 ans  a constitué une forte incitation au renforcement de  la spécialisation des banques privées dans un financement du commerce extérieur devenu extraordinairement rentable. Une correspondance adressée par le premier ministre au ministre des finances en début juillet confirme, une information déjà donnée par Maghreb émergent au printemps dernier, suivant laquelle plus de la moitié du commerce extérieur est aujourd’hui financé par les banques privées. Sur la quinzaine de banques privées actuellement présentes sur la place seules les plus importantes d’entre elles, à l’image de  Société générale Algérie ou de BNP Paribas voire d’El Baraka  ou de la Gulf Bank, auraient fait un réel effort de diversification de leurs activités. La plupart des petits établissements privés auraient au contraire accentué la priorité réservée au financement du commerce extérieur dans la période la plus récente. Face à un risque important de perte de rentabilité, nos sources estiment que les banques privées vont devoir réviser leur stratégie pour diversifier leurs activités et trouver des revenus de substitution. C’est également le principal objectif des pouvoirs publics  qui vise à réorienter l’ensemble des banques et notamment les banques du secteur privé vers le financement des PME, chantier de longue haleine dans lequel les résultats enregistrés au cours des dernières années restent très décevants. Nos interlocuteurs s’attendent à voir les banques privées innover d’avantage au cours des mois à venir en matière de produits offerts notamment aux clientèles des entreprises et des professions libérales qui devraient être de plus en plus courtisées. Une situation qui « pourrait avoir des conséquences positives sur des taux d’intérêt qui restent encore très élevés ». Symétriquement, et dans le but  d’augmenter le volume de leurs crédits aux entreprises, voire aux particuliers à travers le développement, également souhaité par les autorités financières, du crédit immobilier hypothécaire,  les banques privées vont devoir rechercher et attirer de nouveaux dépôts et donc développer la collecte des ressources ce que beaucoup d’entre elles n’ont fait que très modestement jusqu’ici.


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1 Commentaire

  • "..Les rémunérations substantielles prélevées par l’ensemble des banques privées de la place n’auraient « quasiment aucune contrepartie en terme de service rendu ».."
    Il faut croire que leurs clients sont de parfaits idiots, rester dans des banques en payant 1 à 2% de commissions alors qu'ils pouvaient aller aux banques publiques et payer 10 fois moins....
    Ceux qui ont déja ouvert une LC à la SG et une LC à la BDL vous diront la réponse...

    Rapporter Truc lundi 16 septembre 2013 21:59