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Mardi, 23 Janvier 2018

  •   Yazid TALEB
  • mardi 28 mai 2013 06:24

Infrastructures : les banques publiques prennent le relais du Trésor en Algérie

TebbouneAbdelmadjid Tebboune : alléger les charges sur le Trésor en impliquant les banques publiques (dr)

La surliquidité persistante des banques publiques algériennes a contraint les autorités financières à des mesures inédites et spectaculaires au cours des deux dernières années. Elles auront des conséquences importantes sur la structure du portefeuille des banques et leur solidité financière.


L’excès structurel de liquidité des banques algériennes est une réalité depuis un peu plus d’une dizaine d’année. Le gouverneur de la Banque d’Algérie, Mohamed Laksaci, lors d’une déclaration récente, à l’année 2002. La surliquidité est alimentée principalement par les importants dépôts du secteur des hydrocarbures. Elle est aussi le produit d’une augmentation de la collecte de l’épargne des particuliers qui a atteint, au cours des deux dernières années, un taux moyen proche des 20%. Cette épargne a été stimulée à la fois par les injections de revenus des plans de relance publics et par une bancarisation de l’économie qui progresse. Devant cette progression des ressources des banques, les crédits à l’économie ne parviennent pas à tenir le rythme même si des progrès en matièrem2 de crédits à l’économie ont été réalisés. Ces crédits ont, en effet, augmenté de 15 % en 2012 contre 14% en 2011. Mais cela reste en deçà de toutes les attentes. La persistance de cette situation au cours de la décennie 2000 traduit une véritable crise de l’investissement productif. Pour les pouvoirs publics, cela est devenu un grand casse-tête. Pour le résoudre, ils ont testé,  successivement et à un rythme qui s’est accéléré au cours des dernières années, différentes solutions. L’encouragement des crédits en direction des PME a été l’un d’entre eux, à partir du milieu de la décennie écoulée ; effort qui a été marqué notamment par la mise en place des fonds de garantie qui peinent  cependant à décoller véritablement en dépit de dotations financières importantes au profit de la Caisse de Garantie de crédits d’investissements aux PME (CGCI) et du Fonds de garantie des Crédits aux PME (FGAR). Les deux institutions sont dotées de 30 milliards de dinars chacune mais leur retard à l’allumage a poussé les patrons algériens à relancer la demande de création d’une « banque des PME ».

Le boom de la micro-entreprise

En attendant le développement du chantier de longue haleine du crédit aux PME, l’action des pouvoirs publics algériens en vue de résorber les surliquidités du secteur bancaire a pris au cours des dernières années  des formes inédites et spectaculaires. C’est ainsi que depuis le début de 2011, l’Etat a  donné instruction aux banques publiques de miser massivement sur la micro-entreprise  .Les résultats ont été au rendez-vous. Dès 201,  ce sont plus de 90 000 micro- entreprises qui ont été créées. Des chiffres rendus publics récemment indiquent que le cap des 100 000 micro-entreprises  a été franchi largement en 2012. Le coût de ces mesures, qui n’ont  pas encore fait l’objet d’un chiffrage précis, est estimé à environ 5 milliards de dollars par an. Il est en passe de modifier de façon significative la structure du portefeuille des banques publiques qui assurent 70% du financement du dispositif. L’efficacité des mesures mises en œuvre  dans le cadre de l’Ansej ou de la  Cnac suscite cependant un certain scepticisme et attend encore des bilans et une évaluation objective.

La CNEP au chevet de Sonelgaz….

Les décisions les plus lourdes de conséquences financières ont cependant été prises dans une période encore  plus récente. Depuis la fin de l’année 2011, en vue d’utiliser leurs ressources financières excédentaires, les banques commerciales publiques sont en effet sollicitées massivement  par leur actionnaire unique pour financer les investissements réalisés dans les infrastructures économiques et sociales en lieu et place du Trésor public. On a vu d’abord la CNEP appelée au chevet de Sonelgaz  dont elle finance depuis la fin 2011 les investissements en mobilisant ses excédents   colossaux. Les crédits à l’investissement accordés par la CNEP ont atteint 343 milliards de DA  plus de 4 milliards de dollars) en 2012.Des  crédits  qui entrent dans leur majorité dans le cadre des « crédits consortiaux »accordés massivement par les banques publiques. A elle seule, Sonelgaz a bénéficié l’année dernière de 312 milliards de dinars, soit près de 90% des crédits à l’investissement octroyés par la CNEP en 2012. En comparaison,  la  « Banque de l’habitat » n’a accordé, en dépit d’une progression très sensible de son activité dans ce domaine, qu’un peu plus de 40 milliards de dinars de crédits immobiliers en 2012.

….Et le CPA nouvelle « banque du logement ».

Le dernier exemple en date est encore tout chaud. La semaine dernière le ministre de l’habitat et le DG du CPA ont annoncé en chœur « la plus grosse opération de financement par  concours bancaire dans l’histoire de l’Algérie ».Le Crédit populaire d’Algérie (CPA) venait de signer une convention de financement pour lancer le chantier des logements promotionnels publics(LPP). Une  convention, complétant un accord conclu fin avril, qui prévoit la réalisation de 100 000 logements publics de type location-vente. La banque du boulevard Amirouche va, à ce titre, prendre la tête de financements syndiqués assurés par l’ensemble des banques d’Etat  au profit de la relance des programmes AADL et LPP. Au total, 1 200 milliards de dinars (soit 15 milliards de dollars) seront versés par l’ensemble des banques publiques algériennes pour mener à bien ces projets immobiliers. Une décision commentée avec  enthousiasme par le ministre de l’Habitat et de l’urbanisme, Abdelmadjid Tebboune, pour qui  « l’Algérie vient, grâce à ces conventions, de franchir une étape extrêmement importante dans la reconversion de l’économie nationale  grâce à la nouvelle stratégie du secteur de l’habitat qui vise à alléger les charges sur le Trésor en impliquant les banques publiques dans la réalisation de ses projets ».Un enthousiasme pas forcement partagé par la plupart des spécialistes qui observent avec perplexité ces transformations massives de la structure du portefeuille des banques publiques au profit du financement des infrastructures économiques et sociales tandis que l’investissement productif peine encore à décoller.


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