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Vendredi, 20 Avril 2018

  •   Akram Belkaïd
  • lundi 10 juin 2013 20:55

En Tunisie, traitement de choc en vue pour des banques publiques dans le rouge

Elyès FakhfakhElyès Fakhfakh, ministre des finances: toutes les options sur la table

C’est à un dossier des plus épineux que le gouvernement de transition tunisien semble décidé à s’attaquer. Il s’agit de l’état des banques publiques et de la nécessité éventuelle de les restructurer voire de les privatiser.


Sollicitée, la Banque mondiale (BM) est actuellement chargée d’un audit des plus attendus par les milieux économiques et financiers du pays. Il faut dire que la situation est des plus critiques en la matière puisque l’agence Moody’s a mis en avant, entre autre, l’état du secteur bancaire public pour justifier l’abaissement récent de la note souveraine de la Tunisie. Selon Laurent Gonnet, spécialiste financier au sein de l’institution internationale, les banques publiques tunisiennes présentent un taux de créances douteuses de près de 17% (contre 10% pour les banques privées). Au total, l’encours de ces prêts qui pourraient ne jamais être remboursés- et donc entraîner des faillites en cascade – est de 6 milliards de dollars soit l’équivalent des réserves de change actuelles de la Tunisie. Selon d’autres économistes, notamment tunisien, le taux de créances douteuses des banques publiques tunisiennes serait bien plus important et atteindrait le niveau record – et très inquiétant – de 30%.

L’absence de statistiques fiables à ce sujet est l’une des raisons qui motive l’audit commandé par les autorités tunisiennes. La raison en est simple. Cela fait presque dix ans que la Banque centrale tunisienne (BCT) ne s’est pas penchée de manière approfondie sur l’état des banques publiques. La raison officielle est le manque de moyens humains et techniques. En réalité, c’est le régime de Ben Ali qui ne souhaitait pas une telle inspection et qui a volontairement affaibli la capacité investigatrice de la BCT. La raison en est simple, le secteur bancaire public a été l’un des principaux leviers ayant permis au clan Trabelsi, la belle-famille de l’ancien président tunisien, de faire fortune et de faire main basse sur nombre d’affaires florissantes. Prêts généreux octroyés sans garanties réelles, pressions exercées sur des clients pour qu’ils acceptent de s’associer aux Trabelsi voire de leur céder leurs affaires : les banques publiques tunisiennes ont illustré à merveille le caractère déprédateur du régime tunisien.

« Le gouvernement est courageux de s’attaquer à la situation des banques publiques mais va-t-il aller jusqu’au bout ?, s’interroge du coup un chef d’entreprise tunisien pour qui les dossiers de financement de nombreuses affaires contiennent « des éléments explosifs car relevant du trafic d’influence et du détournement où sont impliquées des personnalités qui, à l’heure actuelle, n’ont pas été inquiétées par la justice ». Ces propos visent directement la composition des conseils d’administration des trois grandes banques publiques que sont la Banque de l’Habitat (BH), la Banque nationale agricole (BNA) et la Société tunisienne de banque (STB). « Il va falloir nettoyer les écuries d’Augias et débarrasser ces établissements des scories de l’ancien régime », indique de son côté un homme d’affaires tunisois.

Toutes les options sur la table

Il reste à savoir quelles sont les préconisations que fera la Banque mondiale. Y aura-t-il une simple injection de capitaux dans ces établissements dont certains, à l’image de la STB, sont dans le rouge ? Quelle signification donner au terme de « restructuration » prononcé à plusieurs reprises par le ministre des finances Ilyès Fakhfakh ? Selon une source officielle ayant requis l’anonymat, « toutes les options sont sur la table ». Parmi elles on peut évidemment citer la privatisation, solution qui aurait les faveurs de la Banque mondiale mais qui, politiquement, risque d’être explosive surtout quand on sait que les banques du Golfe, et notamment du Qatar, lorgnent depuis longtemps sur le secteur bancaire tunisien. Une autre hypothèse à l’étude serait la consolidation de ces trois banques en un seul établissement public. Là aussi, cette restructuration signifierait la destruction d’emplois dans un contexte social très tendu. Mais, il y a urgence. Le redémarrage de l’économie tunisienne passe aussi par l’assainissement et la modernisation de son secteur bancaire. Cela fait déjà vingt ans que cet obstacle est identifié par les institutions internationales et les réformes en la matière ont systématiquement été différées.


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