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Lundi, 22 Janvier 2018

  •   Abed Charef
  • vendredi 29 novembre 2013 07:12

La ténacité de Nouar Harzallah ébranle la léthargie bureaucratique (portrait)

Nouar HerzallahNouar Herzallah: une expatriation salutaire vers la Tunisie (Ph Mhamed Kerrouche)

L’EEPAD a lancé sa nouvelle plateforme, My Zala.  Nouar Harzallah a évoqué, au micro de Radio Maghreb M, ce nouveau produit, une nouvelle étape dans le long périple de l’EEPAD

Nouar Harzallah revient en force. Avec son entreprise, l’EEPAD, cet entrepreneur tenace illustre, de manière presque caricaturale, les hauts et les bas des TIC en Algérie. Après un départ tonitruant, puis une lente descente aux enfers, cet homme, aux ambitions affichées, n’a jamais lâché prise, convaincu que le marché des TIC était si vaste qu’il y aurait de la place pour tous.  M. Harzallah s’était lancé, au tournant du siècle, dans les TIC, en ciblant ce qui, selon lui, deviendra un enjeu majeur en Algérie : la production de contenu. Mais les TIC, à ce moment-là, c’est d’abord l’internet. L’EEPAD devient donc provider. C’est le deuxième en Algérie, après le CERIST, entreprise publique pionnière dans le domaine. Nouar Harzallah investit ce créneau bien malgré lui. C’est une passerelle, qui doit ouvrir d’autres portes, pense-t-il. Elle se révèle ruineuse. 90% du revenu de l’internet va à Algérie Telecom, dont les prix sont « prohibitifs ». Quant aux produits, ils sont là ; ils commencent à être connus sur le marché algérien, dans le sillage de l’Assila box. L’entreprise prend alors de l’envergure, se développe rapidement. Elle emploie jusqu’à 460 personnes. Et puis, c’est l’accident industriel, qui fait tout déraper. Le pays n’est pas prêt. Son administration n’est pas mûre pour accompagner la mutation en cours. L’EEPAD se retrouve au cœur d’un conflit avec l’opérateur historique, Algérie Telecom, sur une histoire de facturation. AT réclame 3.9 milliards de dinars (39 millions d’euros). L’EEPAD n’en reconnait que 1.9 milliards. Une formule est proposée pour régler le conflit : AT doit prendre des actions dans l’EEPAD. C’était une innovation majeure, qui pouvait faire tâche d’huile dans l’économie algérienne. Mais la bureaucratie alors au gouvernement, symbolisée par Ahmed Ouyahia, ne sait pas ce que sont des actions, des fusions, des prises de risques et un partenariat public-privé.

Refuge temporaire en Tunisie

L’affaire traine en justice, et l’EEPAD se retrouve out. Nouar Harzallah cherche une issue. Il la trouve en Tunisie, où son entreprise s’installe. Il continue à développer les contenus. Il s’oriente notamment vers l’enseignement à distance et des contenus pédagogiques, tout en gardant un œil sur le marché algérien. Mais il attend surtout que s’installe à Alger un climat similaire à celui qu’il trouve à Tunis : un environnement favorable aux affaires, un internet développé, un pays accueillant, sans méfiance envers l’investissement et l’innovation. Un pays qui bouge et des dirigeants portés sur l’avenir. L’EEPAD met au point sa nouvelle plateforme, My Zala. C’est une plateforme multi-écran, utilisable sur tablette, smartphone ou écran télé. Récemment commercialisée en Algérie pour neuf cent dinars par mois, elle offre un réseau social maghrébin, avec des programmes télé, cinéma, vidéothèque, musique, etc. La plateforme est accessible grâce à une simple clé internet, dont l’assemblage se fait au sein d’une unité à Annaba. Car entretemps, si l’entreprise a été « déconnectée » de l’internet, elle n’a pas abandonné ses autres activités, qui ont permis de garder un noyau dur, pour préserver le savoir acquis durant tout ce parcours. C’est toutefois le temps des vaches maigres : l’EEPAD est réduite à une cinquantaine de personne, de haute qualification, après avoir atteint le demi-millier.

Innover et libérer l’initiative

Dans l’intervalle, la situation en Algérie évolue, les installations sont mises à niveau. M. Harzallah le reconnait, « l’infrastructure existe pour l’internet, il reste à développer le contenu », dit-il. Le pays est-il pour autant prêt à accompagner cette nouvelle mutation? Le patron de l’EEPAD affirme qu’il « n’y avait pas de volonté politique » derrière les problèmes de son entreprise. Mais aujourd’hui ? Il fait le pari que les choses sont possibles, que les lignes peuvent bouger, malgré l’impression d’inertie que donne l’Algérie. Avec l’arrivée de la 3G, et une décision de justice qui lui est favorable dans le dossier Algérie Telecom, il compte rebondir rapidement, d’autant plus que tout ceci coïncide avec le lancement de sa nouvelle plateforme. Nouar Harzallah espère que l’Algérie ne ratera pas le virage cette fois-ci. Pour lui, les responsables du secteur doivent agit sur plusieurs fronts: libérer les initiatives, donner la possibilité aux start-up en matière de connectivité et de contenu local ; et, enfin, créer et encourager les relais pour développer contenu local.


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