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Lundi, 26 Février 2018

  •   Akram Belkaïd, Paris
  • lundi 4 novembre 2013 20:36

Tunisie - Après le signal alarmiste de Fitch, l’équation financière reste posée

FitchLe signal alarmiste de Fitch diversement apprécié en Tunisie (dr)

Réflexe pavlovien ? Décision inconsidérée et, surtout, inconsciente de la fragilité de la situation actuelle de la Tunisie ? Volonté de faire pression sur des partis politiques incapables de trouver une sortie de crise ? Le moins que l’on puisse dire, est que la récente décision de l’agence de notation Fitch de dégrader le rating à long terme de la Tunisie n’a pas contribué à apaiser un climat des plus tendus.

 

 En faisant passer la note souveraine tunisienne de BB+ à BB-, soit une dégradation de deux crans, Fitch a ainsi envoyé un signal des plus alarmistes sachant que cette note n’est plus qu’à un rang attribué aux obligations hautement risquées, plus connues sous le sobriquet de « junk bonds » (obligations pourries). Plus important encore, les perspectives de Fitch demeurent négatives ce qui laisse la porte ouverte à d’autres dégradations. « Fitch fait son travail. Elle met en garde les créanciers de la Tunisie contre les risques d’une incapacité de ce pays à faire face à ses obligations » admet un homme d’affaires tunisois qui pense que l’agence a « temporisé aussi longtemps que possible avant de prendre sa décision ». D’autres experts, sont plus critiques. Sans remettre en cause le bienfondé de ce rating, ils estiment toutefois que Fitch aurait dû se baser sur la réalité de la situation financière tunisienne sans surpondérer les effets de la crise politique. « Cette agence donne l’impression de se mêler des affaires internes de la Tunisie, ce qui ne relève pas de ses compétences », insiste un cadre de la Banque centrale de Tunisie (BCT). Pour lui, ce qui prime, c’est d’abord le fait que les réserves financières du pays sont en légère amélioration. Un message délivré aussi devant la presse par le gouverneur Chedli Ayari qui a indiqué que son pays possédait désormais 11,3 milliards de dinars tunisiens (5 milliards d’euros) soit l’équivalent de 104 jours d’importations. « Il y a risque pour la stabilité de la Tunisie quand les réserves de change sont inférieures à 90 jours d’importations » a insisté le banquier central tunisien en rappelant que les avoirs de son pays n’équivalaient qu’à 93 jours d’importations en septembre 2012.

 Des partenaires en attente

 « Le poids de la dette est soutenable puisqu’elle correspond à 47,5% du produit intérieur brut » a encore ajouté Chedli Ayari en estimant que l’année 2014 ne devrait pas connaître de dégradation de ce ratio qui se maintiendrait à 48%. En clair, dans un contexte politique normal, la Tunisie ne devrait pas être confrontée à des difficultés de financement et cela d’autant que la croissance économique est attendue à 4% pour l’année prochaine. Or, la dégradation de la note souveraine par Fitch, laquelle fait suite à celle d’autres agences comme Standard & Poor’s, fait que Tunis aura du mal à s’adresser aux marchés internationaux sans avoir à payer une importante prime de risque. « La Tunisie aura besoin de la garantie d’autres pays pour emprunter » a d’ailleurs reconnu le banquier central en indiquant que son pays sollicitera à ce sujet la France, le Japon et les Etats-Unis. Mais il reste à savoir si ces derniers seront à l’écoute d’une telle démarche surtout si l’incertitude politique perdure. « Les partenaires de la Tunisie attendent de connaître quelle sera l’orientation de la prochaine phase de la transition », décrypte un ancien haut-cadre du régime de Ben Ali. Pour ce dernier, « ce n’est que lorsque la nouvelle Constitution aura été adoptée et des élections organisées que la France et les Etats-Unis donneront le signal pour un soutien financier de la Tunisie ». Un signal qui s’adressera aussi au Fonds monétaire international (FMI) lequel n’a toujours pas débloqué les 1,75 milliards de dollars de facilités dont le principe a pourtant été entériné au printemps dernier. Il y va de même pour l’Union européenne (UE) dont la ligne de financement d’un montant de 500 millions d’euros est elle aussi suspendue.

 Des pistes qui se ferment

 Comment donc la Tunisie va-t-elle pouvoir faire face à ses échéances, avec un besoin estimé à 1,5 milliards d’euros en 2014 ? On l’a vu, l’hypothèse d’un placement sur les marchés internationaux est hautement improbable car des plus onéreuses (les investisseurs exigeront des taux d’intérêts très élevés). De leur côté, les pays occidentaux ont été clairs : pas d’aide sans des progrès sur le plan politique. Par ailleurs, l’Algérie, qui a longtemps été considérée comme un recours possible, ne semble plus être une possibilité prioritaire. « Qui sait… Peut-être qu’Alger sera plus attentive à nos demandes après son élection présidentielle du printemps prochain » avance un dirigeant d’Ennahdha qui nie le fait que la présence de son parti au pouvoir constituerait un repoussoir pour les autorités algériennes. A l’inverse, et selon des informations qui circulent à Tunis, la piste des pays du Golfe serait définitivement abandonnée. Les Emirats arabes unis (EAU) qui ne portent guère Ennahdha dans leur cœur auraient signifié leur refus d’accorder un prêt à la Tunisie (ils viennent d’accorder 5 milliards d’euros à l’Egypte). Quant au Qatar, la stratégie de discrétion choisie par le nouvel émir Al Thani fait qu’une aide financière n’est pas à l’ordre du jour car pouvant être assimilée à un soutien ouvert à Ennahdha, parti réputé proche des Frères musulmans. Reste enfin la perspective du retour en Tunisie des capitaux détournés par les clans Ben Ali et Trabelsi. La Suisse aurait promis un geste en ce sens pour 2014 sans préciser les montants concernés, quelques dizaines de millions d’euros à en croire les rumeurs qui circulent à Tunis. Ainsi, les jours passent et, faute de décantation de la situation politique, l’équation budgétaire et financière de la Tunisie est très loin d’être résolue.


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1 Commentaire

  • Nul doute que dès que cette crise politique qui n'aurait jamais dû voir le jour sera surmontée , Fitch n'hésitera pas à revoir sa note à la hausse.
    Je pense qu'effectivement il s'agit de faire pression sur une classe politique irresponsable , suicidaire , et incapable de s'entendre sur un programme minimum.
    Je suis optimiste car les fondamentaux de la Tunisie comme l'indique la BCT retent globalement bons , à savoir le taux d'endettemesnt , les réserves en devises , ou encore une croissance qui continue à tourner autour de 3% , malgré les contre-temps , les blocages , et les sabotages orchestrés par certains qui veulent par tous les moyens faire tomber ce gouvernement juste pour prendre sa place , cette croissance est d'autant plus appréciable que notre principal partenaire l'Europe , avec laquelle la Tunisie fait 75 à 80% de ses échanges commerciaux , est en récession.

    Rapporter Tarak KLAA mardi 5 novembre 2013 15:08