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Lundi, 26 Février 2018

  •   Nejma Rondeleux
  • mardi 3 septembre 2013 17:20

L'impasse politique en Tunisie pèse sur le budget de l'Etat

L'instabilité politique frappe de plein fouet l'économie tunisienne (Ph./Amine Ghrabi)

Pour la deuxième fois cette année, le gouvernement tunisien a annoncé, vendredi 30 août, avoir revu à la baisse sa prévision de croissance pour 2013. Un nouveau signal qui met en danger les équilibres du budget de l'Etat et confirme la détérioration de la situation économique dans le pays.

Plongée dans une impasse politique, la Tunisie voit chaque jour les perspectives de son économie s'assombrir. Tandis que le gouvernement tablait sur une croissance de 4,5 % pour l'année 2013, les prévisions sont à présent de 3,6 %, selon le chiffre annoncé vendredi dernier par le ministre du Développement et de la coopération internationale, Lamine Doghri. Or cette révision à la baisse n'est pas sans conséquence sur les perspectives économiques du pays, explique Moez Labidi, professeur tunisien de finance internationale. « Cette nouvelle révision du taux de croissance signifie qu'il faut penser à une révision à la baisse des recettes fiscales et donc à une révision à la baisse des recettes de l'Etat, ce qui va poser un problème pour boucler le budget ».

Une analyse confirmée par les chiffres décevants des performances de l’économie tunisienne, révélés lors du dernier Conseil des ministres, lundi 19 août. Les recettes fiscales peinent à augmenter, enregistrant un taux de 4, 4 %, loin des 11 % prévues. En revanche, les dépenses de gestion ne cessent de croître, avec une hausse de 25,8 % au premier semestre en raison, selon le communiqué du Conseil ministériel, de l'augmentation des dépenses de subvention et aux majorations salariales. Autre indicateur de la mauvaise santé de l'économie tunisienne : les dépenses de développement ont accusé une hausse de 17 % avec un taux de consommation de 23 %, indique le communiqué du Conseil ministériel. « Cela signifie que la consommation augmente plus vite que l'investissement », constate Moez Labidi.

 Réformes retardées

Conséquence de la baisse des indicateurs économiques et financiers : le bouclage du budget de l'Etat 2013 s'annonce délicat, poussant le gouvernement à recourir à l'endettement externe, souligne le professeur de finance internationale. « La difficulté du bouclage du budget va retarder les réformes du secteur bancaire prévoyant la recapitalisation des banques publiques par l'Etat ». Par ailleurs, « la montée de la contestation sociale va retarder les réformes des finances publiques, notamment celle du système des subventions », indique Moez Labidi. Or ces deux réformes sont des conditions du plan d'aide de 1,7 milliard de dollars conclu avec le Fonds monétaire international (FMI) début juin, rappelle-t-il. Comment va réagir le FMI quand il constatera que l'Etat tunisien n'a pas avancé dans ces réformes, se demande le professeur.

A moyen terme, la montée de la contestation dans les rues risque d'aboutir à un changement de gouvernement. Mais le contexte économique actuel qui nécessiterait une dose d'austérité n'est plus favorable aux grandes réformes, analyse Moez Labidi. « Le prochain gouvernement issu des urnes introduira nécessairement cette variable », déplore-t-il. « Or, l'idéal pour une économie en transition  est de s'engager dans des dépenses de développement destinées à réduire les inégalités sociales et régionales ainsi que le chômage des diplômés. Sauf qu'aujourd'hui, le budget de l'Etat tunisien est incapable de répondre à ces exigences ». D'où la nécessité de sortir, au plus vite, du blocage politique que connaît le pays.

 Trouver les clés de la sortie de la crise

« Le problème est politique, il faut donc une réponse politique », s'accordent à dire tous les spécialistes interrogés sur la crise économique en Tunisie. Aux dernières nouvelles, les négociations entre l'opposition et la « troïka », orchestrées par l'UGTT, s'orientaient, samedi 31 août, vers une démission du gouvernement actuel, composé de ministres issus d'Ennahda et de ses deux alliés laïques, fin septembre à l'issue d'un "dialogue national" pour déterminer la composition du prochain cabinet et trouver un consensus sur les autres sujets de désaccords, en particulier la future Constitution et la loi électorale.

« Le plus important est de rompre avec la culture du rapport de force et de renouer avec la culture du compromis », préconise Moez Labidi. Car c'est cette cacophonie institutionnelle qui a plombé le climat des affaires et amené l'agence d'évaluation financière Standard & Poor's a abaisser de deux crans la note de la Tunisie, mi-août. « Il faut que tous les acteurs reconnaissent leurs erreurs : le gouvernement doit admettre son échec dans le traitement des grands dossiers de la transition démocratique, l’opposition doit se démarquer des discours populistes appelant à la désobéissance civile et les forces syndicales devraient avoir plus de retenue dans le recours à l’arme de la grève », recommande le professeur de finance internationale.

Une fois les institutions politiques fixées, le gouvernement pourra mettre en place le plan économique et financier défini lors du dernier Conseil ministériel, recommandant notamment le lancement d'une opération de souscription obligataire en devises auprès des Tunisiens à l'étranger et d'opter pour le mécanisme des « Sukuk » (certificats d'investissement conformes à la recommandation religieuse issue du Coran interdisant aux fidèles directement le prêt à intérêt ) en tant que source de financement du budget de l'Etat.


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