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Lundi, 26 Février 2018

  •   Oussama Nadjib
  • vendredi 1 novembre 2013 15:35

Dégradée par Fitch Rating, ciblée par le terrorisme, l’économie tunisienne a le blues

 Kamikaze SousseEnlèvement du corps du kamikaze qui s'est fait explosé sur une place de Sousse (dr)

 Pour la première fois depuis la transition, l’activité touristique a été directement ciblée par des attentats terroristes, heureusement raté. Ficth Rating a dégradé l’économie du pays. Les politiques tunisiens sont sous pression.

  Deux attentats, heureusement manqués, à Sousse et Monastir, ont ciblé directement l’activité touristique, secteur essentiel de l’économie en Tunisie, alors que la situation politique reste très tendue malgré le début du dialogue national. C’est dans ce contexte très largement marqué par le « risque politique » que l’agence de notation financière Fitch Ratings a abaissé la note de la dette à long terme de la Tunisie en monnaie étrangère de « BB+ » à « BB-»  et celui en monnaie locale de «BBB- » à « BB ». Les deux notes sont à perspective «négative » et donc susceptibles d’être abaissées au cours des prochains mois. Les raisons de ce déclassement sont essentiellement politiques à savoir une « transition politique qui a été encore retardée » et une «incertitude croissante sur le succès final du processus ». Pour l’agence, le dialogue en cours reste incertain et les élections ne pourraient pas se tenir avant 2014. Fitch estime que les « risques de nouveaux retards dans le processus politique ou l'escalade des protestations et la violence sont importants » en ajoutant que même les élections « ne constituent aucune garantie de la stabilité".

Une vision très pessimiste

Une vision très pessimiste qui amène l’agence a révisé ses projections réelles de croissance du PIB en Tunisie à 2,8% en 2013 et 3 % en 2014. Les projections de l’inflation sont 6% en moyenne en 2013. Le déficit du compte courant reste élevé à 8,1% du PIB en 2013, et 7,7% en 2014. Les attaques kamikazes qui ciblaient des sites touristiques ne font qu’alourdir l’impact de la situation politique sur l’économie tunisienne. Le président Moncef Marzouki a appelé les Tunisiens à la vigilance et à «soutenir l'action des appareils sécuritaire et militaire face au terrorisme». Rached Ghannouchi, chef du parti Ennahda, a dénoncé de son côté sur sa page Facebook «ceux qui ont tenté de s'en prendre aux touristes, hôtes de la Tunisie» et au mausolée de Bourguiba, les qualifiant de «criminels qui veulent détruire la Tunisie, son économie et sa transition démocratique». L’organisation patronale UTICA a vu dans les attentats une « escalade du terrorisme » qui s’attaque à des « secteurs stratégiques » dans une conjoncture économique difficile pour la Tunisie. L’organisation patronale affirme que le « dialogue national » en cours est la « meilleure réponse à toute partie qui incite à la déstabilisation du pays » et appelé les partis à « assumer leur responsabilité historique, à laisser de côté leurs différends et à prendre en considération le danger de ce fléau qui menace le pays ».

Réalités déprimantes

Le président de la Fédération tunisienne des agences de voyages, Mohamed Ali Toumi a minimisé l’impact immédiat des tentatives d’attentats en estimant qu’il n’y eu ni rapatriement ni annulations en masse. « Il y en a eu bien sûr quelques-unes, mais il s'agit de trois ou quatre personnes maximum ». Le ministre du Tourisme a donné le chiffre de 8 touristes seulement qui ont quitté le territoire tunisien après l’attentat. Douze autres ont été hébergés dans un autre hôtel de Sousse pour poursuivre leurs vacances. Il est difficile d’en mesurer l’impact sur le moyen terme. Des opérateurs font valoir déjà que le tourisme en Tunisie a baissé de 30% depuis la chute de Ben Ali et le début de la transition.  Les partis politiques qui négocient la nomination d’un premier ministre indépendant, l’adoption de la constitution et l’organisation d’élections devront tenir compte de ces réalités déprimantes pour l’économie de la Tunisie. Et pour le pays.

 


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