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Samedi, 26 Mai 2018

  •   Akram Belkaïd, Paris
  • mardi 19 novembre 2013 07:36

En 2014, le Maroc devra encore compter sur l’Europe

José Manuel Barroso,  Abdelilah Benkirane José Manuel Barroso, président de la Commission européenne, avec Abdelilah Benkirane (dr)

Pour nombre d’officiels marocains, c’est le principal objectif de 2014 : Le Royaume doit conclure un nouvel accord commercial avec l’Union européenne (UE) ou, du moins arriver à une avancée notable dans ses négociations avec Bruxelles.

L’enjeu est double. Sur le plan politique, et dans le contexte actuel de tensions avec l’Algérie à propos du Sahara et de la fermeture de la frontière terrestre, le renforcement des liens avec l’UE est jugé prioritaire afin d’empêcher tout isolement diplomatique. Si Rabat peut compter sur le soutien actif de l’Espagne et de la France – un soutien acquis depuis plusieurs décennies et que le changement de majorité à Paris n’aura guère modifié – d’autres partenaires européens sont jugés plus ou moins versatiles. « Le Maroc sait que de nombreux pays européens considèrent l’Algérie comme un pays vital pour la sécurité énergétique du vieux Continent » juge un observateur européen averti. Pour ce dernier, un accord de libre-échange adossé à un partenariat politique rénové serait un atout majeur dans la lutte d’influence qui oppose le Maroc à son voisin. Et de préciser qu’il y a actuellement « une véritable guérilla diplomatique en Europe entre Algériens et Marocains, chacun comptant ses soutiens, réels ou supposés ». Pour ce même interlocuteur, l’hypothèse d’une « forte dégradation des relations entre l’Algérie et le Maroc est d’ailleurs prise très au sérieux à la Commission européenne et cela constitue un motif d’inquiétude pour la stabilité régionale alors que des pays comme la Libye et l’Egypte s’enfoncent dans la crise ». Dernier point : à Rabat, l’Union européenne (UE) serait jugée « plus sûre et plus fiable » que les Etats-Unis plutôt enclins à soutenir Alger notamment en raison du caractère stratégique de l’Algérie dans la guerre menée au Sahel contre les mouvements islamistes armés.

 Une relation dense qui ne met pas à l’abri

 Mais c’est aussi sur le plan économique qu’un rapprochement euro-marocain ferait encore plus sens pour le Royaume chérifien. On le sait, depuis 2011, le Royaume bénéficie depuis déjà du « statut avancé » dans ses relations avec l’Union européenne. Ouvertes en mars dernier, des négociations visent à aboutir sur un accord encore plus ambitieux en matière économique avec, entre autre, une convergence des législations sociales et une mise à niveau des institutions européennes. L’objectif de ce rapprochement, même si cela n’est pas formulé ainsi, est d’arriver à faire du Maroc un pays « quasi-membre » de l’Union européenne sans toutefois faire partie des institutions (pas d’appartenance au Conseil, pas de représentation parlementaire, etc…). « L’idée est de mettre en place un continuum législatif et réglementaire entre l’UE et le Maroc, à l’image de ce qui existe déjà avec la Turquie » confie un fonctionnaire européen pour qui le Royaume « est un cas à part au sud de la Méditerranée en terme de dynamique de rapprochement avec l’Europe ». Un rapprochement qui a son importance pour ce qui est de la mise à niveau de l’économie marocaine puisque cette dernière peut compter sur des financements réguliers. En 2012, la Banque européenne d’investissement (BEI) a accordé 1 milliard d’euros au Maroc et, plus récemment, l’UE vient de débloquer 166,9 millions d’euros pour l’amélioration du système éducatif marocain en vue de le rendre plus apte à répondre aux besoins du monde professionnel. Dans le détail, la relation euro-marocaine c’est 26 milliards d’euros d’échanges en termes de biens et 7 milliards d’euros en services pour l’année 2012. Une densité qui, pourtant, ne met pas le Maroc à l’abri des difficultés financières.

 Garantie «implicite»

 Pour 2014, le budget de ce pays devrait être ainsi déficitaire et le recours à l’endettement nécessaire. Or, l’accès aux marchés financiers pourrait être des plus onéreux pour le Maroc sans l’existence d’une certaine garantie « implicite » de l’Europe. En fin de semaine dernière, l’agence Standard & Poor’s a ainsi maintenu la note souveraine du Royaume à BBB- (investment grade), soit un rang qui donne un label de pays émergent mais qui, dans le même temps, rend l’accès aux marchés obligataires assez coûteux. Du coup, la proximité avec l’Europe et l’éventuelle conclusion d’un accord économique compenserait les conséquences de cette notation. Présenté d’ailleurs comme un signe positif par les médias marocains, ce maintien à BBB- du rang souverain par S&P est pourtant assorti par des perspectives jugées négatives par l’agence. Cela signifie que cette dernière pourrait à terme décider de dégrader ce rating surtout si la situation budgétaire se complique. Officiellement, le gouvernement Benkirane est engagé dans une politique d’austérité visant à diminuer les dépenses publiques (un argument qui pourrait rassurer les agences de notation). Mais, dans un point de vue publié sur le site du quotidien économique Les Echos, l’économiste Hicham El Moussaoui relève que les dépenses globales vont augmenter de 2,8% et cela malgré les projets officiels de baisse des investissements publics et des subventions aux produits alimentaires. En clair, en 2014, le Maroc aura besoin de financements extérieurs pour équilibrer son budget et donc, encore une fois, du soutien de l’Europe.


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