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Vendredi, 20 Avril 2018

  •   Aïssa Bouziane
  • lundi 1 avril 2013 19:20

Medelci rappelle les divergences de fond sur l’intégration économique maghrébine

 FrontièreLa frontière entre l'Algérie et le Maroc est fermée depuis 1994

 

Le ministre algérien des affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a reconnu lundi que de sérieuses divergences opposent les pays du Maghreb sur la manière d’exploiter la complémentarité des pays maghrébins dans le domaine économique. « Il y a beaucoup de divergences dans l’approche du processus d’intégration», a déclaré M. Medelci au cours d’une émission de radio.

 

 

Pour lui, deux visions s’affrontent dans l’approche économique. Certains pays, allusion notamment à la Tunisie et au Maroc, « militent en faveur d’une démarche basée essentiellement sur une ouverture commerciale ; d’autres pays, et c’est le cas de l’Algérie, militent en faveur d’une avancée beaucoup plus substantielle, vers la création d’une communauté économique maghrébine », a déclaré M. Medelci. Tout en déplorant que le processus d’intégration « avance trop lentement », M. Medelci a estimé que la production des pays maghrébins demeure insuffisante, et qu’un espace économique se transformerait, en conséquence, un terrain de concurrence entre produits non maghrébins.

M. Medelci a aussi déclaré qu’il y a un « problème de cohérence » de l’ensemble maghrébin. L’action doit se situer dans « un cadre de complémentarité organisée », a-t-il dit, ajoutant que l’objectif ne doit pas se limiter « uniquement à un marché commercial ». Il a aussi déploré un « défaut de cadre organisationnel, de moyens et de mécanismes » susceptibles d’assurer la pérennité des démarches tentées pour aller vers une ensemble maghrébin.

Les déclarations de M. Medelci, faites alors que le président tunisien Moncef Marzouki tente un forcing pour réunir un sommet maghrébin, rappellent des différences de fond qui bloquent les initiatives économiques, alors que de multiples pressions en ce sens sont exercées sur les pays maghrébins. De nombreux pays, dont la France et les Etats-Unis, poussent en ce sens, et organisent régulièrement des rencontres sur la question. Les experts estiment que chaque pays maghrébin gagnerait deux points de croissance en cas d’ouverture des frontières.

 Produits maghrébins

 Le président tunisien, animé d’une bonne volonté évidente, multiplie lui aussi les initiatives, mais bute inévitablement sur la réalité, faite d’un blocage de fait des relations entre les deux principaux pays maghrébins, l’Algérie et le Maroc. M. Marzouki est également convaincu qu’une ouverture maghrébine permettait à l’économie de son pays de trouver les débouchés extérieurs nécessaires pour ramener la croissance économique dans son pays. Le Maroc mène lui aussi campagne pour ouvrir les frontières avec l’Algérie, dont son économie, très dynamique, pourrait tirer profit. Mais l’Algérie ne veut pas d’un Maghreb qui servirait de marchés de consommation à des produits fabriqués ailleurs, ce qui serait effectivement le cas si une suppression des frontières économiques était décidée dans l’immédiat. Pour l’Algérie, il faut inverser la démarche : réaliser d’abord les investissements internes nécessaires pour relancer les économies des pays maghrébins, pour faire en sorte que l’ouverture des frontières profite d’abord aux pays concernés. La position de l’Algérie, qui parait juste sur le fond, sert toutefois largement de prétexte à une absence d’initiative et un immobilisme qui caractérisent la politique du pays dans l’ensemble maghrébin. La situation sécuritaire, avec l’instabilité dans des pays maghrébins et au Sahel, est également évoquée par l’Algérie pour inverser les priorités et considérer que la tenue d’un sommet maghrébin dans les conditions actuelles est « un peu délicat », et que si sommet il y a, il devrait considérer la question sécuritaire comme priorité.


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