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Vendredi, 20 Avril 2018

  •   El Kadi Ihsane
  • mardi 24 décembre 2013 22:09

Le bitcoin, la devise numérique, va disparaître pendant que les Algériens tiennent la file

 

C’est la semaine du lancement de la 3G. En mode analogique : avec des files d’attente interminables devant les boutiques des opérateurs. C’est la ministre Zohra Derdouri qui l’a voulu ainsi. Codage de chambre froide. Il faut une présence physique préalable pour obtenir une nouvelle puce. Et un nouveau numéro. La facilité numérique est interdite aux algériens. Tout ce qui peut occasionner un déplacement et un contact direct doit être déployé. Nedjma-Ooredoo a tenté un assouplissement. Ses clients pouvaient basculer sur Internet de la 2G à la 3G et venir dans les 15 jours «régulariser» leur situation en prenant une nouvelle puce, faute de quoi ils étaient désactivés.

L’ARPT a considéré que c’était une pratique contrevenante au cahier des charges d’attribution de la licence 3G. Mise en demeure au contrevenant et alignement de tous dans les files d’attente. Pourquoi utiliser Internet lorsqu’on peut se déplacer avec sa voiture ? Et renforcer le business des embouteillages, de l’importation du gazole et des maladies respiratoires. Si l’on devait résumer la fin de l’année 2013 sur le front des TIC, elle serait celle du repêchage de Djezzy. Le pouvoir politique s’est échiné durant trois ans à massacrer la valeur du premier opérateur de téléphonie mobile en Algérie. Pour tenter de le racheter à bas prix. Stratégie désastreuse.

Vimpelcom est le 7e acteur mondial de la téléphonie. Il est coté à Wall Street. Il ne va jamais céder au boy-scout Karim Djoudi les 51% d’Orascom pour moins de sa valeur de marché. C’est-à-dire, au bas mot, à plus de trois milliards de dollars. Dans l’intervalle, l’arbitrage international est perdu d’avance pour Alger qui a fait perdre à Orascom une offre de reprise sud-africaine à 5,8 milliards de dollars en 2009. Conséquence, le clan présidentiel, par qui toute cette prise d’otage d’OTA est venue, a décidé, en bout de parcours, d’adoucir sa position. OTA a pu concourir et obtenir la licence 3G. Donc repartir sur le chemin, longtemps administrativement bloqué, de la consolidation de sa valeur marchande.

Seulement voilà, en paralysant les investissements de développement des réseaux, la guerre faite à Djezzy a été un entêtement coûteux pour l’écosystème des TIC en Algérie, aujourd’hui numériquement sinistré. Officiellement, cette guerre n’est pas terminée. L’Etat algérien veut toujours nationaliser Djezzy. Mais en attendant, c’est son repêchage qui pèse sur le secteur. Tout le monde a bien noté que Djezzy n’est pas encore prêt pour lancer son offre 3G. Ce n’est pas de sa faute ; il était, il y a encore quelques semaines, interdit de toute opération de commerce extérieur. Dès lors, les chicanes qui ont été dressées par le couple Derdouri-ARPT pour compliquer le déploiement commercial de la 3G ressemblent furieusement à un ralentisseur pour attendre Djezzy.

L’enseigne russo-égyptienne (un peu algérienne aussi grâce à Cevital), est celle qui risque le plus une migration de ses clients vers les autres opérateurs à la faveur du passage à la 3G. Le couple Derdouri-ARPT n’a manifestement pas trouvé d’autres moyens de protéger la part de marché de Djezzy que celui de faire du passage à la 3G un nouveau 12S pour les algériens. Tout compte fait, il aurait peut-être mieux valu attendre qu’OTA soit sur la ligne de départ comme les autres, pour donner le coup d’envoi de la commercialisation de la 3G. Et nous éviter ce spectacle humiliant des Algériens qui entrent dans l’Internet mobile comme on entre dans un camp du HCR distribuant des sacs de riz. L’acquisition forcée de 51% du capital d’OTA par l’Etat algérien est une vraie idée pourrie qui n’a pas fini d’étaler ses préjudices en file indienne.

GSK, Glaxo Smith and Kline, le géant britannique de la pharmacie a pris une décision révolutionnaire cette semaine :Il a renoncé publiquement à faire des cadeaux aux médecins pour qu’ils prescrivent ses médicaments. C’est sa résolution pour le nouvel an. Annoncée le 16 décembre dernier par son patron Andrew Witty dans un entretien au New York Times. Fin de la corruption. Plus de cadeaux, plus de rémunérations, plus de voyages luxueux pour des interventions dans des colloques sur ses produits à travers le monde. Explications : «ce plan de bonnes pratiques a été élaboré pour que les cadres de GSK restent en phase avec la façon dont le monde est en train de changer».

La décision du géant britannique roule comme un tonnerre dans le ciel déjà gris de l’industrie pharmaceutique. La concurrence ne peut pas l’ignorer. Les médecins sont trop rarement indépendant dans leur évaluation des molécules en vente. Ils sont devenus souvent, pour un nombre ascendant d’entre eux au fil des ans, les premiers commerciaux des laboratoires qui ont les «moyens» de les convaincre de l’efficacité de leurs produits. La décision de GSK de supprimer les cadeaux aux médecins de son arsenal commercial est particulièrement grinçante la semaine où est annoncée la prochaine extradition de Abdelmoumène Khalifa vers l’Algérie. L’escroquerie pyramidale de la banque Khalifa a entièrement reposé sur la politique des «cadeaux».

Tous ceux qui avaient le pouvoir de «prescrire» un dépôt de fonds publics à Khalifa Bank et qui se sont prêtés au «jeu» ont été arrosés de cadeaux : billets d’avion sur Khalifa Airways, cartes visas, mise à disposition de voitures, cures en thalassothérapie. Abdelaziz Bouteflika a été plus radical qu’Andrew Witty. Il n’a pas interdit les cadeaux des banques privées. Il a interdit les banques privées elles-mêmes. Quand elles sont algériennes.

Toutes les révolutions ne sont pas récompensées en retour. C’est le cas du bitcoin :Cette devise numérique est née dans le sillage de la crise financière mondiale. Elle est peut-être en train de vivre ses derniers mois. Assassinée par un oukase chinois. La valeur de cette monnaie stockée et échangée numériquement sans aucun lien avec les autorités financières dans le monde s’est écroulée la semaine dernière après une hausse continue de plusieurs mois. Pékin a interdit les transactions entre le bitcoin et le yuan, la devise chinoise.

Le bitcoin avait fait une percée spectaculaire ces deux dernières années, devenant un sujet de préoccupation pour les marchés monétaires et les principales banques centrales mondiales. Il émancipe ses utilisateurs des coûts liés au passage par les circuits bancaires. C’est l’institut émetteur chinois qui a le premier réagi à la croissance des transactions qui échappent aux devises réelles au profit de cette monnaie virtuelle libératrice. Dommage que la belle aventure du bitcoin menace de s’achever en si beau chemin. Les algériens qui entrent, comme chacun sait en file indienne, dans l’air numérique, se seraient fait un délice d’échanger en bitcoin. Pour sauter directement du goulag Derdouri-Laksaci à la convertibilité digitale.

Article publié dabs le quotidien El Watan


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