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Lundi, 22 Janvier 2018

  •   El Kadi Ihsane
  • mercredi 18 décembre 2013 13:39

Automobile, baromètre FCE, Tunis : les bonnes et les moins bonnes nouvelles du mois


Pour les Algérois, c’est peut-être la meilleure nouvelle de la fin de l’année 2013 : le marché de l’automobile du neuf est en train de s’affaisser à grande allure. C’est le président de l’AC2A, Abderrazak Lachachi, qui l’a annoncé mardi dernier au forum du journal Liberté. La baisse est évaluée à 38% en 2013.  D’une année sur l’autre, cela s’appelle une chute. Même si avec 550 000 importations 2013 est un sommet historique. La bonne nouvelle est bien sûr toute relative. Elle concerne le ralentissement du rythme de congestion de la circulation automobile dans les grandes agglomérations. Marginale en vérité. Le plus gros progrès est attendu ailleurs : le développement des services sur le net et le paiement à distance, celui des transports publics et la réduction des subventions au prix des carburants. La nouvelle n’est bien sûr pas bonne pour tous.

Le reflux du marché automobile va provoquer des faillites commerciales dans les métiers de distribution en 2014. C’est encore le président de l’AC2A qui le prédit. Il était prévisible pour les analystes. L’accélération de la croissance, déjà soutenue, de  l’importation des véhicules en 2012 a été portée par une vague d’augmentations de salaires dans le secteur public avec rappels, et celui de l’ouverture de la vanne des crédits Ansej. Le prix payé par les autorités pour prévenir une escale algérienne du printemps arabe. L’effet d’aubaine ne pouvait que retomber. L’économie algérienne n’est pas portée par une croissance de sa productivité, notamment dans les secteurs pourvoyeurs d’emplois à forte valeur ajoutée. C’est en priorité le budget de l’Etat qui décide des carnets de commande.

En 2013, les rallonges ne sont plus réservées aux salariés et aux jeunes porteurs de projets, mais au programme de développement de wilayas. Echéance électorale oblige. Conséquence, le pouvoir d’achat distribué directement aux ménages a cessé de faire des bonds en avant. Pour Abderrazak Lachachi, le retour de l’offre AADL et les autres programmes de logements ont également détourné une partie de l’épargne que captaient les acquisitions d’automobile en 2012. Rien de moderne dans ce tableau. C’est encore l’Etat qui influence les dépenses de consommation. Le contre-modèle performant ? Venir un jour annoncer que la forte capitalisation boursière de la place d’Alger a drainé un grand public de petits et moyens épargnants au détriment de l’achat de nouvelles voitures. Une bourse d’Alger où serait coté déjà le titre de la joint-venture Renault SNVI d’Oran.  Un jour prochain.

Celle-ci est franchement une mauvaise nouvelle : le baromètre des chefs d’entreprise édité par le FCE a enregistré sa plus forte baisse historique d’un mois à l’autre, -17%  en novembre.  Il était déjà en recul de 4 points en octobre par rapport à septembre. C’est Réda Hamiani, le président du FCE, fraîchement réélu pour un 4e mandat — de deux ans  — qui a expliqué dans un entretien à TSA, la semaine dernière, le mode d’emploi de son baromètre. Une combinaison de trois facteurs : la production, les stocks et les carnets de commande.  

La combinaison donne un indice en fort recul. Dans une économie normale, c’est-à-dire qui ne vit pas aussi lourdement sur le budget de l’Etat, un tel indice annonce un ralentissement de l’activité économique. Au moins dans les filières animées par les chefs d’entreprise du FCE. Réda Hamiani a évoqué l’agroalimentaire. Là aussi, les analystes qui suivent la conjoncture avaient bien enregistré les signes d’un tassement de la croissance dans ce secteur en 2013. Slim Othmani a donné des pistes à ce sujet lors de sa présentation des résultats du premier semestre de NCA Rouiba, cotée en bourse d’Alger.  Réda Hamiani vient confirmer que le coup de moins bien touche beaucoup d’entreprises du secteur privé. Les explications ? Si les Algériens achètent plus de logements, ils boivent moins de jus. Cela paraît farfelu. Cela montre surtout combien la croissance des filières tient à peu.

La meilleure nouvelle du mois vient bien sûr de Tunis :  la crise politique a trouvé une première issue. Un nouveau premier ministre a été désigné. Mehdi Jomâa, ministre de l’Industrie dans le gouvernement sortant, est né en 1962. Il évite, entre autres, à la Tunisie le ridicule d’un premier ministre de plus 80 ans. C’était le cas pour trois candidats pressentis. En attendant d’aller vite au bout de la feuille de route qui prévoit l’adoption de la nouvelle constitution et nouvelle élection, le prochain gouvernement tentera de réduire le désamour pour la destination Tunisie. Si les touristes se sont fait plus rares sur la moyenne des trois dernières années, les événements ONG pullulent, eux par contre, à Tunis.  Celui qui m’a ramené dans la capitale tunisienne — pour la 7e fois depuis la révolution — est lié à l’économie. Côté investigation journalistique.

Un atelier organisé par le CFI et le site français Mediapart forment des journalistes maghrébins, notamment à l’enquête économique. Mediapart a révélé l’affaire Betancourt, l’affaire des rétro-commissions pakistanaises sur un contrat d’armement et a fait tomber le ministre socialiste du budget, Pierre Cahuzac, en enquêtant sur ses comptes cachés à l’étranger. Fabrice Arfi, le principal journaliste enquêteur à la clé des trois affaires a fait un long récit de l’affaire Cahuzac. Solidarité PS-UMP pour masquer la vérité. Hasard de calendrier, le directeur général des impôts, Abderrahmane Raouya, a  révélé un chiffre astronomique de 8000 milliards de dinars d’impôts impayés en Algérie. Le chiffre ne recouvre pas la fuite fiscale. Un bon sujet d’enquête. Dommage que le dernier délai du concours 2013 du meilleur article d’investigation Ali Boudoukha lancé par Maghreb Emergent est le 31 décembre. Il faut en moyenne un à deux mois pour publier le premier article d’une vraie investigation.


Article publié dans le quotidien El-Watan


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