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Lundi, 22 Janvier 2018

  •   El Kadi Ihsane
  • lundi 30 décembre 2013 21:03

2014 mouvementée pour l’Algérie, forcément une meilleure année que 2013


Depuis 9 années qu’elle existe, la tradition de cette chronique est de finir l’année avec une note d’optimisme. Jamais facile ces derniers temps. Surtout dans le nouvel exercice. Où il faut trouver les motifs d’espoir dans l’actualité de la semaine. C’est une déclaration d’Abdelhamid Zerguine, le PDG de Sonatrach qui tend une première perche.

La production d’hydrocarbures  enregistre, selon lui, les premiers signes d’un redressement. De ce point de vue, il est possible de décréter tout de suite que 2014 ne peut pas être pire que 2013. L’Algérie a perdu la production de gaz de Tiguentourine dès la mi-janvier, enregistré le retard de la livraison de deux nouveaux trains de GNL, et du démarrage du champ d’El Merck. Tout cela sera corrigé progressivement en 2014. En plus de l’arrivée de nouvelles quantités collectées sur d’autres champs périphériques. Donc, la baisse de la production sera - momentanément ? - enrayée l’année prochaine. En dépit des incertitudes sur Hassi R’mel entré en déplétion depuis 2009. Si la production rebondit et les prix du pétrole résistent, alors la croissance économique du PIB en 2014 pourrait  passer le plafond des 3% sous lequel la maintient la prévision du FMI, pour ne citer que cette dernière. Comme par ailleurs l’élan des dépenses publiques ne s’est pas tari en année électorale, la croissance hors hydrocarbures continuera à être tirée par le bâtiment, les travaux publics, l’hydraulique, et sans doute l’agriculture. Il n’y aura pas de crise des revenus extérieurs en 2014. Sauf dans le cas extrême d’une nouvelle crise financière mondiale doublée d’un retour brutal à la récession et d’un effondrement des cours pétroliers. «Ce n’est pas prévu». De nouvelles bulles spéculatives se sont certes constituées depuis quatre ans :  marchés obligataires, dettes souveraines, créances bancaires pourries, actifs douteux dans les émergents. Elles ne devraient pas exploser aussi vite. La note d’espoir est là. L’Algérie a encore une dernière possibilité d’engager sa mue économique non pas sous la contrainte d’une balance des paiements sous monitoring de Washington (FMI), mais librement. En maîtrisant encore un peu le temps séquentiel.

Le pire serait que le répit que semble proposer 2014 n’escamote la dernière fenêtre de tir pour infléchir l’Algérie. Restons dans la veine optimiste. Nabni et Abdelhak Lamiri, des sources d’alerte très sérieuses, ont été conviés à la tripartite économique d’octobre dernier. C’est tout de même le signe que le premier ministre s’inquiète de l’avenir. Abdellatif Benachenhou, toujours meilleur dans le registre académique que dans celui de manager, a passé une partie de 2013 à annoncer la nécessaire et urgente fin du modèle actuel de répartition des ressources budgétaires. Incontestablement, l’année qui finit est celle de l’emballement des clignotants. Et pas uniquement celui des importations. 2% du PIB seulement va à l’investissement productif. Une année utile. Les premières inflexions de politique économique, timides, sont tout de même là. Il faut savoir les observer. Assouplissement du «contrôle» des investissements par le CNI, arrivée prochaine à la bourse d’Alger d’une première liste de belles entreprises publiques (CPA, Mobilis, CAAR, les Cimenteries, Cosider), libération de la 3G qui attend toutefois celle de l’économie numérique passant par la signature électronique, abandon implicite de la stratégie industrielle paradoxale de Abdelhamid Temmar qui voulait faire tout tourner autour de l’entreprise publique «champion».  C’est bien sûr maigre. Il faudra s’en contenter. 2013 aura servi à faire comprendre au gouvernement que sa politique de redistribution stérile de la rente énergétique est insoutenable. Non pas sur dix ans de plus, mais sur deux ou trois ans. C’est presque fait. Et maintenant ?

Aucune raison de se réjouir de l’éveil au risque du statu quo, si la volonté politique du changement reste absente en 2014.  Des raisons d’espérer là aussi. Le système qui a laissé enfler la bulle rentière à nouveau comme au début des années 80 est en fin de cycle politique. Il a raté les conditions de sa reproduction sociale en restant dépendant non pas de la performance productive, mais du budget de fonctionnement de l’Etat. Si le président Bouteflika se représente pour un 4e mandat, il caricature l’immobilité terminale de ce cycle.
Si l’auto-réforme est tentée dans ses variations tactiques, avec Abdelmalek Sellal, Ali Benflis ou encore Ahmed Benbitour, elle ne peut que conforter le début de sortie du tout-rentier auquel les années Bouteflika ont ramené l’Algérie à la faveur de l’entrée du monde dans l’ère de l’énergie fossile plus chère. Dans tous les cas, 2014 sera une année de mouvement. Au pire contre l’immobilisme. Au mieux avec le changement. Ce sera aussi l’année ou les Algériens reparaîtront quelques jours au monde autrement que par une actualité désastreuse, comme au début de 2013 avec In Amenas. Ce sera en juin au Brésil, grâce à la coupe du monde. Une belle opportunité pour soigner le bien vivre-ensemble national, à la clé de toutes les histoires à succès en économie.

Article publié dans le journal El Watan


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