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Vendredi, 20 Avril 2018

  •   Mourad Bergheul
  • mardi 26 novembre 2013 20:14

Peut-on enseigner l’entrepreneuriat dans les universités algériennes ?

 

Pour l’auteur*, enseigner l’entrepreneuriat dans les universités algériennes ne serait pas une hérésie ; ce serait simplement emboîter le pas à beaucoup de pays de par le monde. Pour le lancement d’un tel enseignement, écrit-il, le problème d’infrastructures ne se pose pas, l’Algérie disposant d’un réseau dense d’universités, d’écoles supérieures et d’instituts.

 

Comme la plupart des disciplines des sciences de gestion et management, des sciences sociales, etc., l’entrepreneuriat peut faire l’objet d’un enseignement académique en Algérie. Un tel enseignement existe de par le monde et l’Algérie, avec son potentiel en termes d’infrastructures universitaires, peut dispenser cette formation qui y fait cruellement défaut.

Les objectifs de cet enseignement consistent, avant tout, à éveiller et à sensibiliser les étudiants diplômés ou en fin de cursus qui envisagent, à court, moyen ou long termes, de créer leur propre entreprise, pour les orienter à l’effet d’avoir une vision claire sur la création d’entreprise, une option de carrière, et développer en eux des attitudes favorables par rapport à des situations entrepreneuriales.

A ce niveau, il s’agira de mieux préparer nos étudiants à réfléchir, à analyser et, surtout, à agir dans des situations en tant qu’entrepreneurs.

Au stade des recherches actuelles, nous pouvons dégager trois niveaux d’intervention :

-          le premier niveau consiste à dispenser des enseignements de sensibilisation et d’initiation à l’entrepreneuriat ;

-          le deuxième niveau concerne l’enseignement de formation à la création d’entreprise et à la gestion du projet ;

-          et, enfin, le troisième niveau est l’accompagnement des étudiants porteurs de projets de création d’entreprise.

Les niveaux d’intervention suivent une finalité pédagogique et académique. En ce sens, il s’agira d’aider les étudiants porteurs de projets de création d’entreprises à les concrétiser leurs projets avec les meilleures chances de réussite ou d’en faire prendre conscience à ces étudiants, au cours d’un processus formation-action

Toute action visant à introduire un enseignement en entrepreneuriat dans nos universités doit être menée à partir d’une définition claire et précise, suivant des orientations prioritaires et, surtout, des catégories des populations d’étudiants ciblées.

L’enseignement de l’entrepreneuriat peut être un instrument pédagogique, c’est-à-dire un moyen d’apprendre autrement de façon à ce que l’apprenant (étudiant) découvre ce que sont l’entreprise et son environnement en partant d’un projet de création d’entreprise. Il peut être aussi un instrument promotionnel de la politique d’emploi en étant conçu comme un moyen de créer des activités, des entreprises et, surtout, de l’emploi et de participer au développement économique dans un territoire donné. Il peut être, enfin, un instrument académique, un moyen de développer un nouveau corpus de connaissance et pourquoi pas, à terme, une nouvelle discipline ?

Il est impératif de bien mesurer toutes les implications et contraintes organisationnelles relatives à des orientations et décisions portant sur la mise en place et le développement des programmes d’enseignement de l’entrepreneuriat dans nos universités, notamment celles relatives à la prise en charge d’un projet stratégique, à savoir une volonté clairement affichée et affirmée des institutions et pouvoirs publics qui doivent être impliquées dans ce processus.

 

Peut-on apprendre à entreprendre ?

 

La création d’entreprise ne s’improvise pas. La combinaison entre la formation et l’entrepreneuriat est récente. L’entrepreneurship est né dans les universités américaines dans les années 1960. Il est considéré comme un nouveau concept pédagogique qui consiste à promouvoir, sous différentes formes, en particulier dans l’enseignement, la démarche à créer sa propre entreprise et, surtout, créer son propre emploi.

Le système d’enseignement supérieur en Algérie est un système public. L’éducation est accessible à tous. L’arrivée d’un grand nombre de diplômés universitaires chaque année (environ 600.000) sur le marché de l’emploi se heurte à nombreuses difficultés rencontrées par les pouvoirs publics à absorber cette masse importante.

Face à ces défis, l’un des objectifs majeurs réside dans la préparation des ressources humaines qualifiées et performantes de demain. Cette préparation consiste également à trouver une meilleure solution pour mieux orienter et surtout adapter l’offre aux besoins du marché.

Un autre facteur déterminant qu’il va falloir prendre en considération durant ce cycle de formation : allier la théorie à la pratique pour permettre aux apprenants de s’imprégner des réalités entrepreneuriales dans notre pays.

Pour rappel, l’Algérie compte un nombre impressionnant d’universités, d’écoles supérieures, d’instituts, etc., mais l’éducation entrepreneuriale y est inexistante. Le problème d’infrastructures ne se pose pas chez nous. Les pouvoirs publics doivent d’ores et déjà réfléchir à l’encadrement de ce nouveau métier promis à un bel avenir.

Pour concrétiser cette action, il y a lieu d’associer toutes les parties, en l’occurrence les ministères suivants : l’Enseignement supérieur et la Recherche scientifique, la Formation professionnelle, le Développement industriel et la Promotion de l’investissement, le Travail, l’Emploi et la Sécurité sociale.  

Dans cette optique, il y a lieu de préconiser l’installation urgente d’une commission interministérielle ou, à défaut, d’un observatoire national chargé du dispositif de soutien à l’entrepreneuriat au profit de nos étudiants et piloté par Monsieur le Premier ministre.

Les objectifs de l’enseignement à l’entrepreneuriat dans certains pays se focalisent principalement sur deux volets complémentaires: le développement de l’esprit d’entreprendre et le développement socio-économique.

Si nous prenons, par exemple, les Etats-Unis, ils mettent l’accent sur la stimulation des projets entrepreneuriaux orientés principalement vers la croissance. Dans d’autres pays, comme le Royaume-Uni, l’objectif de l’enseignement à l’entrepreneuriat est lié au développement à l’esprit d’entreprendre. Dans d’autres encore, comme, par exemple l’Italie et la Pologne, l’accent est mis beaucoup plus sur le développement économique, la création d’entreprise et la création d’emploi.

 

Comment enseigner l’entrepreneuriat dans les universités ?

 

Il serait, dans un premier temps, judicieux que les pouvoirs publics affichent une vision claire concernant le rôle de l’entrepreneuriat en Algérie, d’une part, et, d’autre part, qu’ils mettent en place, à l’instar des pays émergents, une plateforme nationale pour l’entrepreneuriat des diplômés universitaires, par l’élaboration d’un programme sur l’entrepreneuriat pour tous les établissements d’enseignement supérieur, les centres de recherche, etc.

Les actions que nous préconisons tiennent comptent des diverses expériences pratiques dans ce domaine. Il s’agit, au niveau central de :

-          créer une structure de promotion et de développement de l’enseignement de l’entrepreneuriat dans le système éducatif ;

-          créer un observatoire national des pratiques pédagogiques en entrepreneuriat ;

-          créer un comité national de l’enseignement en entrepreneuriat pour lui donner plus de poids et d’intérêt, en y faisant participer les pouvoirs publics, d’un côté, et, de l’autre, les acteurs du secteur privé, à savoir les associations patronales et certaines entreprises qui se sont distinguées par leur compétitivité sur le marché national ;

-          créer une association dite « académique » pour l’enseignement et la recherche en entrepreneuriat qui peut regrouper, à titre d’exemple, les enseignants et chercheurs en entrepreneuriat et les consultants ayant une compétence avérée dans l’entrepreneuriat ;

-          organiser un séminaire d’information et de sensibilisation axé sur la formation à l’entrepreneuriat qui permettrait aux participants (universités, instituts et écoles, etc.) de réfléchir ensemble pour identifier les pistes d’actions possibles et faciliter les démarches d’implémentation des universités ;

-          identifier et former des enseignants aux spécificités de l’entrepreneuriat pour développer les matériels pédagogiques et participer au bon fonctionnement des réseaux régionaux, ce qui permettrait d’accroître la professionnalisation d’un corps spécifique d’enseignants-chercheurs et sous-entend la formation de formateurs qui ferait l’objet d’un suivi régulier et planifié par l’autorité de tutelle ;

-          l’organisation, par la tutelle, chaque année « d’une compétition nationale » (récompensée par un prix), des projets de création d’entreprise par des étudiants (es) des universités, écoles et instituts.

Il s’agit, au niveau local de :

-          développer l’esprit d’entreprendre et la culture entrepreneuriale à travers des séminaires au niveau des universités, écoles, centres de recherche, etc. ;

-          impliquer les étudiants, les chefs d’entreprises et les consultants en la matière en leur proposant des formules d’association (exemples : clubs, cellules de développement…) pour faire vivre les enseignements en adéquation avec le tissu économique local ;

-          rechercher des partenaires actifs sur des programmes d’enseignement avec d’autres universités étrangères pour partager et échanger les expériences ;

-          offrir des bourses aux étudiants pour suivre un programme de formation à l’entrepreneuriat dans les universités étrangères ;

-          organiser au moins une fois par an « un colloque sur la création d’entreprise », avec la participation de tous les acteurs qui sont en relation directe ou indirecte avec la création et le développement l’entreprise.

 

(*) Mourad Bergheul est consultant-formateur. Il est l’administrateur principal du réseau « Innov Djazair ».


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