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Samedi, 21 Avril 2018

  •   El Kadi Ihsane
  • mardi 18 juin 2013 08:20

Mohamed Laksaci, comme un Sphinx face aux deux taux de change du dinar

 

La Banque d’Algérie a été très souvent sous les feux de la critique ces dernières années. C’est loin d’être immérité. Il y a deux ans presque jour pour jour, le jeudi 6 juin 2011, son gouverneur, Mohamed Laksaci, convoquait la place financière d’Alger devant la presse spécialisée pour annoncer urbi et orbi que le contrôle de l’inflation allait devenir la priorité numéro une de son institution. A la rescousse, deux modèles prévisionnels qui permettent d’anticiper les variations des prix sur le trimestre. Faits maison. Là s’arrête la satisfaction*.

 

La Banque d’Algérie est sans doute le seul organisme au monde dont la prévision sur l’année 2012 s’est trompée de 100% sur le front de l’évolution des prix. Moins de 5% au début, presque 10% à la fin. Même le FMI, avec ses 5,5%, a été débordé par la réalité dans sa prévision -moins optimiste- sur l’évolution des prix en Algérie. Le plantage complet de la Villa Jolie -siège de la BA- sur l’évolution des prix en 2012 a alimenté une polémique feutrée entre le gouverneur et le ministre des Finances sur la responsabilité d’un tel dérapage de la hausse des prix, près de trois fois le taux de croissance du PIB de la même année, la Banque d’Algérie reprochant à demi-mot au gouvernement son laxisme dans la gestion budgétaire en 2011 et en 2012.

Si les torts, hors prévision délirante, ne peuvent pas être du même côté sur ce dossier du contrôle de l’inflation si cher à Mohamed Laksaci, il en est tout autrement de l’autre grande, et en réalité principale, mission de son institution, la gestion du taux de change. «La révolution a eu lieu en Tunisie, mais c’est le dinar algérien qui a fléchi», s’exprimait un homme d’affaires avisé il y a un mois, en comparant l’évolution de la parité de chacune des monnaies.

Entendre, les fuites de capitaux sont plus importantes en Algérie qu’en Tunisie. 200 millions d’euros par an, reconnaît le gouvernement algérien. Il s’agit d’une projection sur la partie émergée de l’iceberg. Celle des entreprises établies en Algérie et épinglées dans des opérations de transferts de devises vers l’étranger en 2012. Après le chômage et avant même l’inflation, la fuite des capitaux est le syndrome le plus inquiétant de la faible performance économique algérienne. Tout le mécanisme repose sur le différentiel excessivement important entre le taux de change officiel et le taux au marché noir. Le dinar officiel coûte 50% moins cher -traduit en euros- que le dinar au noir. C’est là un appel d’air volcanique pour la construction d’un business sur le différentiel.

Toute la place d’Alger le sait. Il vaut mieux payer plus cher des droits de douanes devenus plus faibles pour cause de démantèlement tarifaire avec l’Union européenne et la ZALE (Zone arabe de libre-échange). Et récupérer à l’étranger une partie de devises utilisées pour payer une surfacture convenue avec le fournisseur. L’opération est bien sûr plus facile dans le cas d’une importation à l’intérieur du même groupe. Comme celle pour laquelle a été condamnée la filiale algérienne du groupe français Sanofi-Aventis, qui a choisi de surfacturer lourdement des importations de médicaments afin de profiter massivement du dinar officiel pour obtenir plus d’euros chez le fournisseur de la maison mère.

Cette pratique est généralisée depuis trois ans dans le milieu d’affaires algérien. Une partie du gonflement de la facture d’importation vient du plan d’équipement de l’Etat algérien. Pour l’autre partie de la surfacturation des fournitures de la majorité des privés qui tirent profit des 50% d’écart entre le dinar officiel et le dinar au noir, Mohamed Laksaci est resté interdit devant cette dérive. Sans ressort. Comme d’habitude, depuis l’affaire Khalifa et la grande glaciation de cette institution, qui pourtant n’est pas, en vérité, directement responsable de la faillite frauduleuse du golden boy du début des années Bouteflika.

Réduire l’écart entre les deux parités du dinar pour réduire les pratiques frauduleuses de la surfacturation des importations est au cœur des missions de la Banque d’Algérie. En laissant filer la parité du dinar officiel à la baisse. Ou en intervenant massivement sur le marché de la devise à travers les bureaux de change à légaliser pour améliorer la disponibilité de l’euro et le rendre moins cher au noir, les vendeurs d’euros obtenus par la surfacturation seraient évincés. Une mesure comme l’augmentation de l’allocation touristique à 500 euros l’année par voyageur aurait pu donner un premier signal de l’intervention de la Banque d’Algérie pour commencer à défendre un taux officiel qui se détache régulièrement de la réalité. La Banque d’Algérie y a renoncé.

Attitude prudente dans un maquis prudentiel paralysant. Inflation, blocage des agréments bancaires, interdiction de l’exportation de dinars en vue d’investir à l’étranger, législation des changes figée dans les services : l’immobilisme de Mohamed Laksaci n’est plus à illustrer. Dans le cas de la défense de l’économie algérienne à travers le taux de change, il devient névralgique. D’une certaine manière le départ du gouverneur qui ne bouge pas est le parallèle attendu à celui du Président qui ne parle pas.

 

(*) Cette chronique a été publiée dans le quotidien El Watan du 17 juin 2013.


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1 Commentaire

  • EKI doit parler de Carl Otto Pohl et pas de M. Laksassi ..

    Rapporter Truc mercredi 3 juillet 2013 19:34