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Samedi, 21 Avril 2018

  •   Abderrahmane MEBTOUL
  • samedi 18 mai 2013 19:35

Face à la concurrence énergétique internationale, le projet gazier algéro-italien, GALSI, est-il toujours rentable ?

A la lumière des récentes déclarations du ministre de l’Energie et des mines, concernant le report de la réalisation du gazoduc Galsi, Dr. Abderrahmane Mebtoul* réitère, dans ce texte, son analyse sur la "non-rentabilité du projet" et défend "l’urgence d’une transition énergétique en Algérie" respectueuse de l’environnement.

 

Nous assistons à une véritable cacophonie des responsables algériens. Je les cite: «les travaux de construction du gazoduc Galsi devant relier l'Algérie à l'Italie et dont les études sont terminées démarreront en 2010»- (ministre de l’Energie -APS- 01 juin 2009). Ensuite, «le projet Galsi se déroule normalement» -(le ministre de l’Energie - APS 08 mars 2011) ». Enfin, «les travaux de réalisation du projet Galsi seront entamés une fois la rentabilité économique confirmée» (ministre de l’Energie –Forum quotidien Achaab/APS- 20 février 2013). Et pour le PDG de Sonarach en date du 14 mai 2013, la décision finale d’investir dans la réalisation du gazoduc devant relier l’Algérie via la Sardaigne qui avait été reportée par l’assemblée générale de Galsi en novembre dernier au 30 mai 2013, il y aura probablement un report de la décision d’investissement «à la semaine prochaine». Pourtant, le 26 novembre 2011, à la télévision française France 3, j’avais attiré l’attention des autorités algériennes de la possibilité d’une non-rentabilité du projet Galsi du fait de surcoûts. Le ministre de l'Energie et le PDG de Sonatrach viennent après près plus de deux années de confirmer mes prévisions. Entre temps, des propos rassurants ont été prononcés officiellement par différents responsables relayés par la télévision officielle. Que de pertes de temps et d'argent au détriment de l'Algérie ?

1 - Gazprom concurrent direct de l’Algérie

Rappelons que la Russie possède 1/3 des réserves mondiales de gaz conventionnel en plus du savoir-faire technologique et managérial contre 15% pour l’Iran et 10% pour le Qatar, ces trois pays totalisant plus de près de 50% des réserves mondiales, l’Algérie ayant un taux de 1, 2,% pour moins de 2000 de milliards de mètres cubes gazeux après la dernière estimation du PDG de Sonatrach en date du 24 février 2013 et non plus 4500 comme rappelé souvent par la presse algérienne. Ainsi se pose tout le problème de savoir si face à la concurrence notamment russe, elle a une stratégie gazière devant prendre avec sérieux Gazprom principal conçurent de l’Algérie, et surtout la révolution du gaz de schiste, les réserves pour l'Algérie selon l’AIE étant de 6000 milliards de mètres cubes gazeux et entre 12 000 et 17 000 selon le ministère de l’Energie. A quel coût, sans compter les risques de détérioration de l’environnement et l’Algérie étant un pays semi-aride, 1 milliard de mètres cubes nécessitant un million de mètres cubes d’eau douce? On peut découvrir des milliers de gisements mais non rentables selon le couple coût vecteur prix international. L’Algérie risque de connaitre de gros soucis concernant son gaz surtout à compter de 2020 comme nous l’avions annoncé il y a 5 années dans plusieurs contributions avec des pressions à la baisse des prix. Avec le recours massif à la fracturation hydraulique les Etats-Unis pourraient devenir le 1er producteur mondial de pétrole ainsi que de gaz à la fin de la décennie, selon le directeur adjoint de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'Américain Richard. L'Amérique du Nord a avec cette révolution soudainement 100 années d'approvisionnement en gaz "au chaud" et le monde en a 250. "Ce boom redessine la carte géopolitique du monde", constatait Marvin Odum, un dirigeant de Shell, lors d'une récente conférence du cabinet spécialisé Platts. Cet essor a fait chuter les cours du gaz naturel sur le marché américain, désormais inférieurs à 3/5 dollars par million de BTU contre 10 dollars en Europe et plus de 15 en Asie, où la catastrophe de Fukushima a fait bondir la demande japonaise en gaz. Donc, des enjeux stratégiques pour l’Algérie dont les recettes pétrole/gaz en provenance des USA représente 30% et qui, de surcroît, connaît une très forte concurrence internationale et également du fait du bas prix une très forte consommation de la demande interne.

Le marché principal du moins à court terme, en attendant l’Afrique, étant l’Europe, l’Algérie ne va-t-elle pas perdre des parts de marché? Et le nouveau mémorandum qui sera signé prochainement avec l’Europe insistera sur la déconnection des prix du gaz et du pétrole qui n’est plus en vigueur depuis au moins trois années et qu’adviendra t-il des prix du gaz algérien aussitôt les contrats à moyen et long terme arrivés à expiration, l’Europe faisant pression pour une baisse des prix ? Qu’en est-il du programme des énergies renouvelables et du partenariat avec l’Europe, dont le montant annoncé était de 60 milliards de dollars en 2011 et qui vient d’être porté par le ministre de l’Energie en 2013 à 100 milliards de dollars ? Concertant le gaz conventionnel, il y aura lieu de tenir compte de la concurrence du Qatar, de la donne libyenne qui avec des réserves de 1500 milliards de mètres cubes gazeux non exploitées et des nouvelles découvertes en Afrique. La stratégie de Gazprom, grande société internationale dynamique cotée en bourse, ce qui n’est pas le cas de Sonatrach, à travers le North Stream et le South Stream est offensive. Pour Nord Stream, le 8 novembre 2011 a été inauguré en Allemagne le gazoduc Nord Stream, qui permet l’acheminement de gaz russe en Europe. C’est un projet stratégique dont le tracé, d'une longueur de 1 224 km, doit à terme, permettre de transporter 55 milliards de mètres cubes de gaz par an de Vyborg jusqu'à la ville allemande de Greifswald en traversant les eaux territoriales de la Russie, de la Finlande, de la Suède, du Danemark et de l'Allemagne. «Le volume de gaz fourni (sera) comparable à l'énergie produite par onze centrales nucléaires», a expliqué Vladimir Poutine lors de l’inauguration. La première conduite, d'une capacité de 27,5 milliards de mètres cubes, a été achevée en mai. Une deuxième est en cours de construction et doit être entièrement posée d'ici à la fin 2012, doublant la capacité de la liaison. Le vice-Premier ministre russe, Igor Setchine, a indiqué que le montant du projet s'élevait à 13 milliards de dollars en tenant compte des coûts de financement mais les prévisions de clôture donnent environ 15 milliards de dollars. Quant au projet de South Stream, concurrent direct de l’Algérie, afin de le mettre en œuvre, le russe Gazprom et Eni ont créé en 2008, la compagnie South Stream . En juin 2010, ils ont signé un mémorandum visant à associer le groupe français EDF au projet. En mars 2011, Gazprom et Wintershall Holding Gmbh ont signé un mémorandum d'entente sur la participation de la compagnie allemande à la construction du tronçon sous-marin du gazoduc. Tout comme Nord-Stream, il doit permettre à la Russie de contourner l'Ukraine, principal pays de transit. Fin décembre 2011, le Premier ministre russe, Vladimir Poutine, a exigé que les travaux du gazoduc South Stream, destiné à livrer du gaz russe à l'Union européenne via la mer Noire, commence dès fin 2012 et non plus en 2013 comme prévu initialement pour se terminer en 2015. Lors de cette rencontre, le feu vert a été donné par la Turquie à la Russie pour faire passer South Stream dans ses eaux territoriales en mer Noire, cette dernière ayant signé un accord avec l'Autriche sur South Stream, dernier document nécessaire pour lancer le projet. Auparavant, à Moscou, la Russie avait déjà signé des accords intergouvernementaux avec la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie, la Grèce, la Slovénie et la Croatie. Long au total de 3 600 km, (la longueur du tronçon sous-marin sera d'environ 900 km et sa profondeur maximale de plus de 2 000 m), South Stream doit alimenter en gaz russe l'Europe occidentale, notamment la Bulgarie, la Serbie, la Hongrie, la Slovénie et l’Autriche, la Grèce et l'Italie, via la mer Noire et les Balkans. D'une capacité de 63 milliards de m3 de gaz, le tronçon sous-marin doit entrer en service en 2015, le coût estimatif du projet étant évalué à 15,5 milliards d'euros mais devant clôturer selon les dernières estimations à environ 20/22 milliards de dollars. L’ensemble de ces projets remettent en cause le projet Nabucco. Rappelons qu’en décembre 2011, simultanément la Turquie et l'Azerbaïdjan annoncent la mise en place du gazoduc transanatolien qui absorbera le gaz de Shah Deniz initialement envisagé pour Nabucco qui est un projet de gazoduc reliant l’Iran et les pays de la Transcaucasie à l’Europe centrale. Soutenu initialement par l’Union européenne (UE), il devait permettre, dès 2017, de diversifier les sources d'approvisionnement énergétique de l'Europe, notamment d'un pays comme la Hongrie, qui dépend du gaz russe. D'une longueur de 3300 km, il aurait une capacité maximale de 31 milliards de mètres cubes de gaz. Son coût, initialement prévu à 10,5 milliards de dollars s'élèverait à 17 milliards de dollars . Sa position au cœur de la Turquie devait permettre au gazoduc d'être éventuellement relié, à terme, aux réseaux de transport syrien et surtout irakien. Dès lors Nabucco est en concurrence directe avec le projet South Stream. Avec les récentes tensions avec l’Iran, la guerre en Syrie, et comme mis en relief précédemment, la Russie et la Turquie ayant annoncé un accord sur la traversée des eaux territoriales turques par Le South Stream, cela rend la construction de Nabucco peu probable à moyen terme.

2 - Les perspectives énergétiques de l’Algérie et le projet algérien Galsi

L’Algérie est le troisième fournisseur de gaz de l’Europe’13/15%) après la Russie et la Norvège. L’Algérie peine toujours à maintenir le niveau des volumes exportés au-dessus de 60 milliards de mètres cubes, un seuil qui était bien conservé entre 2001 et 2008 et les prix élevés cachent une baisse du volume rendant problématique les prévisions de 80/85 milliards de mètres cubes gazeux pour 2014. Pour calculer la durée de vie des réserves en Algérie, il s’agit de prendre en compte tant les exportations que de la forte consommation intérieure du fait du bas prix du gaz, un des plus bas au niveau du monde, bloqués par la décision D/06-05/CD du 30 mai 2005. Sonatrach supporte en moyenne entre 1,5 et 2 milliards de dollars de subventions par an, selon les variations du prix international. La consommation intérieure en 2012, selon le Creg est de 25/30 milliards de mètres cubes gazeux et avait extrapolé environ 50 milliards de mètres cubes gazeux horizon 2017/2020. Mais ce montant a été calculé avant l’annonce des nouveaux projets consommateurs d’une grande quantité de pétrole et de gaz. Mais avec ce paradoxe, les ménages étant les plus importants consommateurs d’électricité que les entreprises montrant une désindustrialisation du pays, loin donc des normes internationales. Ce montant risque d’être fortement augmenté après les décisions courant 2012 d’installer plusieurs raffineries fonctionnant au gasoil ( alors que l'Algérie sera importatrice de pétrole horizon 2020) et d’importantes capacités d’électricité fonctionnant au gaz. Suite aux coupures récurrentes d’électricité, il a été décidé de doubler la capacité d’électricité à partir des turbines de gaz. Ainsi, Sonelgaz financera via le Trésor public environ 27/30 milliards de dollars d’ici à 2016-2017 pour une capacité supplémentaire de 12 000 MW.. Dès lors, avec cette augmentation de la consommation intérieure, d’un retour à la croissance, du fait de la décision de ne pas modifier les prix intérieurs, il y a risque d’aller vers 70 milliards mètres cubes gazeux horizon 2017-2020 de consommation intérieure, dépassant le volume des exportations actuelles. Si l’on prend les extrapolations d’exportation de 85 milliards mètres cubes gazeux et 70 milliards de mètres cubes gazeux de consommation intérieures, il faudrait produire dès 2017 entre 155 milliards de mètres cubes gazeux supposant d’importants investissements dans ce domaine, limitant le financement des secteurs hors hydrocarbures et donnant une durée de vie de 13 ans maximum soit horizon 2026. Cela accélérera l’épuisement de cette ressource non renouvelable. Il faudra évidemment prendre en compte la croissance ou pas de l’économie mondiale qui est un élément déterminant de la demande des hydrocarbures et donc, de l’évolution du prix de cession, les coûts, les concurrents ayant déjà amorti leurs installations, des énergies substituables du fait des importantes mutations énergétiques mondiales. Qu’en sera-t-il du prix du gaz avec la révolution gazière du gaz non conventionnel analysé précédemment , du recyclage du CO2 du charbon (environ 200 années de réserves mondiales contre 40/50 ans pour le pétrole, La Chine a créé une centrale à charbon zéro émission de CO2 et compte développer les gaz de houille parallèlement à grande échelle, horizon 2017/2020 la production de gaz de schiste également pour l’Inde. ) du nucléaire, des énergies renouvelables dont le solaire qui produit à grande échelle ne feront que réduire leurs coûts et entreront forcément en concurrence avec le gaz conventionnel algérien ? Les économies d’énergie supposent un nouveau modèle de consommation énergétique, une politique des prix plus rationnelle et le développement de sources alternatives d’énergie pour les besoins du marché local Algérie. Ce qui permettrait d’alléger la pression de la demande sur l’offre de gaz et donc pour l’Algérie d’honorer ses engagements internationaux. La demande extérieure des hydrocarbures pour l’Algérie, d’une manière générale sera fonction d’une reprise ou pas de l’économie mondiale, de l’évolution du cours du dollar, des investissements dans les énergies substituables qui détermineront l’évolution du prix international La société d'études GALSI, dont le siège est à Milan, a été créée le 29 janvier 2003 entre Sonatrach (36%) et des partenaires européens essentiellement italiens Edison Gas: (18%), Enelpower : (13,5%), Eos Energi (9%), Sfirs/Spa (5%) Progemis/ Spa: (5%) et Wintershall: (13,5 %). Paradoxe, Comme je l’avais annoncé courant 2012, dans le cadre de la renégociation de contrats de gaz à long terme par le groupe italien Edison qui a été repris par le groupe français EDF, Sonatrach a perdu en mars 2013, une affaire d'arbitrage où le groupe italien a obtenu la révision à la baisse des prix d'un contrat de fourniture de gaz naturel et ce sur décision, rendue par la Cour d'arbitrage de la Chambre de commerce internationale avec un impact estimé à environ 300 millions d'euros (390 millions de dollars) sur l'Ebitda (excédent brut d'exploitation) du groupe Sonatrach en 2013.Le projet GALSI devait relier directement l’Algérie à l’Italie via la Sardaigne pour un investissement entre 2,5 et 3 milliards de dollars initialement , mais dont le coût en mai 2013, approcherai actuellement 4 milliards de dollars et dont la mise en service était prévue pour 2014. Rappelons qu’un accord intergouvernemental relatif à ce projet a été conclu en novembre 2007, entre l’Algérie et l’Italie. Ce gazoduc doit relier Hassi-R’mel à El Kala dans sa partie «On shore» sur une longueur de 640 km. Dans sa partie «off shore», le projet reliera El Kala à Cagliari en Sardaigne sur une distance de 310 km. Une fois concrétisé, il devant acheminer, directement en Italie, un volume annuel de 8 milliards m3 de gaz. Dans le cadre de l’arrêté du 15 décembre 2009, relatif à la programmation pluriannuelle des investissements de production d’électricité, publié au Journal Officiel français du 10 janvier 2010, il est prévu que pour la Corse, les nouvelles centrales thermiques fonctionnerait au gaz naturel, dès lors que le raccordement de la Corse au gazoduc Algérie-Italie via la Sardaigne (Galsi) serait réalisé. Or, contrairement à la majorité des élus Corses qui sont favorables au projet Galsi, il semblerait que la majorité des élus de la Sardaigne s’opposent pour l’instant à la réalisation de ce projet du moins dans le tracé traditionnel pour des raisons écologiques et autres et du fait de l’autonomie de cette région, le gouvernement central italien ne pouvant rien faire sans l’aval des élus locaux. Contrairement aux affirmations officielles algériennes, pour le maire de la Sardaigne, dans une récente émission à la télévision française France 3, je le cite «jamais le projet Galsi ne passera en Sardaigne dans son tracé initial» (voir le documentaire d’une heure a été diffusé le 29 novembre 2011 sur la télévision française France 3 Corse consacré au projet Galsi). Faut-il y voir la main russe, dans la pratique des affaires les sentiments n’existant pas? Et c’est là qu’entre en scène la concurrence du géant Gazprom. Le projet Nigal pourra-t-il permettre d’accroitre les capacités d’exportation? Dans ce cade, se pose le problème de la rentabilité de ce projet où suite au mémorandum d'entente qui avait été signé en janvier 2002, entre Sonatrach et la Nigérian National Petroleum (Nnpc), réunis à Abuja au Nigeria, les ministres du Pétrole et de l'Energie d'Algérie, du Niger et du Nigeria avaient également signé le 3 juillet 2009, un accord pour construire un gazoduc baptisé Trans Saharan Gas Pipeline (Tsgp),de 4128 kilomètres (dont 2310 km pour le territoire algérien) qui devrait servir à alimenter l'Europe en gaz (20/30 milliards de mètres cubes) puisé dans le delta du Niger au sud du Nigeria. Avec un coût prévu initialement à 7 milliards de dollars, il aurait dépassé actuellement les 15 milliards de dollars. Ce projet financé pour partie par l’Europe avec la crise d’endettement est –il réalisable d’autant plus que comparé aux canalisations russes, son coût est trop élevé.

En résumé, l’Algérie est une économie totalement rentière, en 2012 98% des exportations en devises étant le fait de Sonatrach. Toute chute des cours entraine des conséquences financières, sociales et politiques du fait de la dominance de l’Etat providence. Rappelons la chute des cours en 1986, avec toutes les ondes de chocs politiques, économiques et sociales entre 1988/1994 (rééchelonnement) et de près de 45% des recettes en devises de Sonatrach après la crise de 2008/2009.Comme se pose cette question stratégique: quelles sont les réserves prouvées du pétrole et du gaz, sachant que l’Algérie habitera 50 millions d’habitants dans 25 ans, les coûts d’exploitation, le bilan devises des investissements de Sonatrach réalisés à l’étranger et la rentabilité du projet Galsi? Et ce, d’autant plus que le coût de Galsi ramené au volume desservi est non compétitif par rapport aux projets South Stream et North Stream donnant par rapport aux projets russes un surcoût variant entre 11 et 16 %. Cela n’implique t-il pas face aux nouvelles mutations énergétiques mondiales, mais également aux récents scandales financiers, un nouveaux management stratégique de Sonatrach (1)? Le temps en économie ne se rattrape jamais. Il existe une véritable cacophonie entre les déclarations des différents ministres de l'Energie entre 2009/2013. Aussi, , face aux bouleversements géostratégiques qui s’annoncent, cela pose l’urgence d’une transition énergétique en Algérie (nouveau modèle de consommation énergétique, un nouveau management stratégique de Sonatrach) et donc d’une transition d‘une économie basée sur la rente à une économie hors hydrocarbures. Et là on revient à la ressource humaine, les ressources naturelles, étant un moyen, n’ayant jamais été à l’origine de la richesse des nations. Si l’on a généralisé les hydrocarbures ce n’est pas parce qu’il n’y avait pas de charbon ( réserves estimées à 200 ans) mais du fait des nouvelles technologies qui ont permis d’abaisser le prix. A l’avenir, grâce au génie humain, il est possible par d’autres procédés technologiques, afin d’éviter la détérioration de l’environnement, de substituer d’autres sources d’énergie aux hydrocarbures, sous réserve d’une production à grande échelle afin d’abaisser les coûts. Au-delà un certain prix, la substitution se réalisera forcément.

Cela renvoie forcément à d’autres facteurs que l’économique dont une nouvelle gouvernance politique, économique et sociale solidaires, plus de réformes structurelles et non du replâtrage, et l’approfondissement de l’Etat de Droit et de la démocratie conciliant l’efficacité économique et l’équité, la modernité et notre authenticité.

 

(*) Professeur des Universités, Expert international, Directeur d’Etudes au Ministère Energie Sonatrach 1974/1979-1990/1995-2000/2006

 

Références

 

- Voir le documentaire d’une heure diffusé le 29 novembre 2011 de 20h30 à 21h45 sur la télévision française France 3 Corse consacré au projet Galsi invité du plateau professeur Abderrahmane Mebtoul .

- Pour un nouveau management stratégique de Sonatrach» – contribution d’Abderrahmane Mebtoul revue HEC Montréal Canada novembre 2010(52 pages- voir également notre interview à la télévision française France 3 sur le projet Galsi 26 novembre rediffusée 27/28/29 novembre 2011 où le maire de la Sardaigne a affirmé je le cite « le projet Galsi ne passera jamais sous son tracé initial ».

- Important ouvrage collectif revue Stratégie Parsi France « Agir» n°50, sous la direction du général Eric de La Maisonneuve «La Méditerranée, enjeux et avenirs», septembre 2012 Paris France (250 pages) Claude Nigou-Jean Dufourcq-Didier Billion- Gérard-François Dumont- dont la –contribution d’Abderrahmane Mebtoul «Sonatrach face aux mutations énergétiques mondiales»

- Jeune Afrique paris France- Abderrahmane Mebtoul : Les dix propositions pour une transition énergétique de l'Algérie

- Magazine international Les Afriques – Abderrahmane Mebtoul -Face aux mutations internationales Quel modèle de consommation énergétique en Algérie ?

- Abderrahmane Mebtoul - Magazine international Les Afriques La concurrence -Gazprom /Sonatrach face à la nouvelle carte énergétique mondiale

- Abderrahmane Mebtoul- La nouvelle carte énergétique mondiale Institut Français des Relations Internationales IFRI France -déc 2011

- Sur le même thème conférence à la conférence internationale organisée par la CEE de Bruxelles à Malte avril 2012- Abderrahmane Mebtoul : l’Algérie c'est Sonatrach et Sonatrach c'est l'Algérie

- Ouvrage collectif sous la direction d’Abderrahmane Mebtoul avec la participation de cadres de Sonatrach experts algériens et internationaux « L’Algérie face aux mutations énergétiques mondiales 2 volumes 720 pages Edition Dar El Gharb Algérie

 

 

NB - Le professeur Abderrahmane Mebtoul interviendra à une grande rencontre internationale devant de nombreuses personnalités et experts de renom le 31 mai 2013 à l'Assemblée nationale française sur la transition énergétique mondiale sur le thème " L'Algérie face aux contraintes de la transition énergétique mondiale"


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