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Dimanche, 21 Janvier 2018

  •   Nejma Rondeleux
  • lundi 5 août 2013 12:31

Près de 500 jours de captivité pour les otages algériens du Mali

MujaoEléments du Mujao dans la région de Gao le 7 août 2012 (Reuters) 

 En ce 5 août, les otages algériens du Mali bouclent leur 488ème jour de captivité. Les informations sur les lieux de leur présence présumée ont été perturbées par l’intervention française. La communication officielle est minimaliste tandis que les familles peinent à entretenir l’intérêt politico-médiatique sur le calvaire de leurs proches.

 

« Le pouvoir algérien ne communique pas sur cette affaire, comme la grande majorité des gouvernements confrontés à ce type de crise. C'est douloureux pour les familles, et frustrant pour la presse, mais ça relève des règles fondamentales de l'exercice », avait noté, Jacques Raillance, ancien responsable de structures d'analyse au Ministère français de la Défense, ancien diplomate et spécialiste des questions de terrorisme et de guérillas qui tient un blog sous le nom amusé d’Abou Djaffar.

La seule information à laquelle s’accrochent les familles : ils seraient vivants. C’est ce qu’a affirmé le ministre algérien des Affaires étrangères Mourad Medelci, le 10 juin, sur Radio Algérie internationale : «Les informations dont nous disposons concernant ces otages sont rassurantes, mais je ne peux pas en dire plus». Le lieu de leur captivité demeure donc secret. « A l'époque de mon enquête, un dirigeant algérien avait évoqué le massif des Ifoghas, situé à l'extrême nord du Mali, comme cache possible des otages », confie le journaliste, Farid Alilat, dont l'article «Algérie : où sont passés les otages de Gao ?» paru en avril dernier dans Jeune Afrique est l'un des rares récents et documentés sur le sujet. Depuis, l'intervention militaire franco-africaine, baptisée opération Serval, déclenchée en janvier contre les bastions islamistes dans le nord du Mali a complètement perturbé les quelques données disponibles.

 Dispersion des « intermédiaires » et arrêt des négociations

L'opération Serval a mis en déroute les groupes jihadistes alliés à Aqmi qui occupaient le Nord du Mali. La plupart de leur bases arrières ont été démantelés, notamment le sanctuaire d'Aqmi dans le massif des Ifoghas, mais « les groupes n'ont pas été éradiqués, ils se sont dispersés dans la région, dans le cadre d'un phénomène que Serval n'a pas initié mais a accéléré », explique l'ancien diplomate Abou Djaffar. « Ils se sont disséminés au Mali et dans les pays voisins et une partie d'entre eux s'est réfugié dans le sud de la Libye  », précise Philippe Hugon, directeur de recherches à l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) à Paris.« En même temps les intermédiaires mobilisés dans la libération des otages sont plus volatiles et mobiles », poursuit ce spécialiste de l'Afrique. En l'absence de canaux de négociations, le processus de libération s'est arrêté.

"Les groupes jihadistes n'ont pas été éradiqués, ils se sont dispersés dans la région"."Les groupes jihadistes n'ont pas été éradiqués, ils se sont dispersés dans la région".

 

La multiplication des intervenants est une autre source de complication dans la gestion du dossier est évoquée par l'ancien ambassadeur algérien Abdelaziz Rahabi : « Il y a trop d'acteurs dans cette affaire - les Américains, les Français, les Algériens, les Burkinabés, etc., - depuis que le terrorisme s'est déplacé de l'Afghanistan, à l'Iran puis l'Irak, au Sahel, jusqu'au porte de l'Atlantique et se rapproche maintenant de l'Europe ». Conséquence, le dossier piétine et les otages en pâtissent.

Dogme stratégique et risque d’oubli

Mourad Medelci, ministre algérien des Affaires étrangères, l'a répété lors de son intervention à la radio : la position de l'Algérie concernant le payement de rançons est « claire », pas de négociation avec les preneurs d'otages qui exigeaient, en mai 2012, 15 millions d'euros et la libération d'islamistes prisonniers en Algérie contre celle des sept otages. « L'Algérie ne pardonnera pas au Mujao d'avoir fait ça. Je pense que les autorités ne céderont pas et elles ont raison »,  renchérit Abdelaziz Rahabi. Un choix « terrible » mais « assumé » analyse en toute franchise Abou Djaffar. « Forcément, la situation est humainement intenable, et pour les otages, et pour leurs familles, mais il s'agit de choisir entre la défense de la vie d'une dizaine de personnes et la vie de millions d'autres ».

Face à ce « dogme stratégique algérien », les familles des otages se retrouvent démunies de moyens d'actions pouvant rappeler le calvaire subi par leurs proches kidnappés. « En l'absence de revendication politique crédible (Aqmi n'est pas le Fatah), les collectifs de familles ne peuvent, par ailleurs, guère peser sur les négociations puisqu'il n'y a rien, finalement, rien à négocier...», souligne Abou Djaffar.

C'est ainsi que le silence s'est progressivement érigé en « norme ». Une situation que déplore le journaliste Farid Alilat. « Je regrette que le sujet n'ai pas été plus traité par la presse alors qu'il y un an, la femme d'un otage déclarait que la mobilisation autour du cas des diplomates était un réconfort pour les familles car elles savaient qu'elle constituait une bouée de survie pour leurs proches ». « Une mobilisation des familles, des proches et des journalistes algériens serait souhaitable », soutient lui-aussi Philippe Hugon. Pour que les prises d’otage ne tombent pas dans l’oubli et restent un « secret d’Etat ».


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