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Lundi, 22 Janvier 2018

  •   Akram Belkaïd, Paris
  • lundi 7 octobre 2013 19:38

Sur fond d’appréhensions, Tunis et Le Caire défendent leur tourisme

EgypteA Paris, les égyptiens ont essayé de convaincre que la sécurité n'est pas un problème... malgre l

C’est une bataille d’influence dont on parle peu même si elle fait rage depuis quelques semaines. Alors que leurs situations politiques et sécuritaires demeurent des plus incertaines, l’Egypte et la Tunisie ont décidé de faire, chacun de son côté, un important effort de communication en matière de tourisme, deux secteurs importants puisqu’ils pèsent 11% du Pib et 4 millions d’employés pour l’un contre 7% du Pib et 400.000 employés pour l’autre.

 

L’objectif pour les deux pays est simple : convaincre les touristes européens, surtout français, de reprendre le chemin du sud de la Méditerranée. Une offensive qui intervient alors que les révoltes arabes ont poussé nombre de voyageurs du vieux Continent à se rabattre sur le sud de l’Europe notamment l’Espagne, le Portugal, la Grèce et la Croatie. Ces quatre pays ont enregistré durant l’été 2013 une hausse moyenne de 5% du nombre de leurs visiteurs par rapport à la même période en 2012 (à l’inverse, l’Italie n’a pas été capable de tirer son épingle du jeu de ce renversement de tendance). Le cas de la Catalogne en Espagne est des plus emblématiques puisque cette région a aussi attiré un nombre important de ressortissants algériens, jusque-là habitués à se rendre en Tunisie durant l’été. Mais l’examen des chiffres démontre une autre tendance : Russes, Britanniques, Italiens et même Espagnols ont bel et bien repris le chemin du sud de la Méditerranée. Certes, le Maroc, épargné par les turbulences du Printemps arabe, en profite le plus (+35% d’arrivées, +25% de nuitées) mais l’Egypte et la Tunisie bénéficient aussi de cette reprise et cela malgré un été sanglant au pays des pyramides et une détérioration du climat sécuritaire dans celui « du jasmin ». Du coup, les responsables des deux pays semblent persuadés que le retour à des niveaux de fréquentation comparables à ceux de 2010 – c'est-à-dire d’avant les révoltes – passe par une « normalisation » du marché français.

Jamel GamraLe ministre tunisien, Jamel Gamra (dr)Le ministre tunisien, Jamel Gamra (dr)

 Le « frémissement » tunisien

 « Ce n’est pas nouveau. C’est toujours la fréquentation française qui oriente la tendance au sud de la Méditerranée. C’est elle aussi qui conditionne les prix même si la fréquentation allemande est aussi un facteur important » commente un opérateur parisien. Le gouvernement tunisien a donc lancé une campagne de communication à destination du marché français. Affiches dans le métro parisien, pages dans les magazines : la palette choisie est classique et vise à renverser le sentiment général de défiance à l’égard d’un pays où, pourtant, aucun touriste occidental n’a été importuné depuis janvier 2011. « Ce n’est pas facile, mais nous souhaitons que les touristes français reprennent le chemin de la Tunisie. C’est déjà le cas pour d’autres nationalités qui semblent moins sensibles aux péripéties politiques de notre pays » relève à ce sujet Jamel Gamra, le ministre tunisien du tourisme. Présent avec une forte délégation au salon Top Resa à Paris à la fin du mois de septembre, il n’a pas ménagé ses efforts pour faire passer le message selon lequel le tourisme de son pays connaît actuellement un frémissement qui ne demande qu’à être confirmé pour la période hivernale. La Tunisie a enregistré une augmentation du nombre de touristes de 5% par rapport à 2012 avec un mois d’août « presque normal » puisque le pays a accueilli 900 000 visiteurs. Du coup, Tunis vise officiellement les 7 millions de visiteurs, le niveau enregistré en 2010, année qui avait à l’époque considérée comme un excellent cru. Mais pourquoi lancer une telle campagne alors que l’été s’achève ? Interrogé par Maghreb Emergent, le responsable d’une agence parisienne explique : « outre les arrivées de dernière minute pour l’arrière-saison, ce qui se joue en ce moment ce sont les réservations pour les vacances d’hiver en décembre et celles de février. Ces deux périodes impulsent le reste de l’année. Voilà pourquoi les Tunisiens comme les Egyptiens communiquent sur le tourisme dans le désert. Cela rassure les clients potentiels et cela repose aussi sur le pari que l’hiver 2013 sera aussi rigoureux que le précédent ».

 Offensive de charme

 De son côté, l’Egypte a été encore plus déterminée dans sa volonté de modifier la perception européenne. Prenant son bâton de pèlerin, le ministre du tourisme Hicham Ramez s’est déplacé dans sept capitales, appelant les gouvernements respectifs à retirer l’Egypte de la liste des destinations dangereuses à éviter. Une démarche résolue appuyée par la publication des résultats d’un audit réalisé par un cabinet de sécurité européen sur l’état des infrastructures touristiques égyptiennes et leurs capacités à protéger les visiteurs étrangers. « Les dispositifs existants sont adaptés et opérationnels » a jugé à sujet la société Scutum Security First (SSF), dont l’enquête a été rendue publique lors du salon Top Resa à Paris. Pour les experts de SSF qui ont testé les principaux sites touristiques égyptiens – certains, à l’image de Louxor, ressemblent aujourd’hui à des villes mortes – la sécurité est bien garantie notamment en raison de la présence de sociétés privées et d’une police touristique étatique. « Les efforts du gouvernement égyptien visent à bien faire comprendre que les violences au nord du Sinaï n’ont rien à voir avec la situation dans le reste du pays, y compris pour ce qui concerne Sharm El Sheikh », explique un professionnel du secteur dont les réservations pour la station balnéaire au sud de la péninsule « sont en train de reprendre pour la période hivernale ». On saura donc au printemps prochain si les offensives de charme tunisienne et égyptienne ont porté leurs fruits mais, comme le confie un officiel égyptien, « le tourisme dans la région ne peut plus se permettre de nouvelles perturbations politiques ou sécuritaires ». Un constat qui trahit une appréhension bien réelle.

 


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