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Lundi, 22 Janvier 2018

  •   Akram Belkaïd, Paris
  • mardi 3 décembre 2013 06:59

En Egypte, la réforme des subventions devrait attendre

 Le Premier ministre égyptien, Hazem al-Beblawi (dr)

Le gouvernement égyptien envisagerait de s’attaquer au dossier explosif des subventions comme le demande les institutions internationales. Une option de « stratégie de choc » qui parait improbable dans le contexte politique actuel…

 On pourrait relier cela à la stratégie du choc telle que décrite par l’activiste Naomi Klein, comprendre ces politiques d’inspiration néolibérale dont les promoteurs profitent de grands bouleversements pour les imposer … Ainsi, et alors que la situation sécuritaire de l’Egypte est des plus incertaine, le gouvernement intérimaire nommé l’été dernier envisage de s’attaquer dès janvier 2014 à la réduction des subventions notamment celles qui s’appliquent au secteur des hydrocarbures. « Nous allons commencer à baisser les subventions, a déclaré le Premier ministre Hazem al-Beblawi à l’AFP, précisant que le coût de ce soutien de l’Etat équivalait à 20% du budget national pour les seuls carburants. Au total, on estime que l’ensemble des subventions (essence, produits alimentaires, livres scolaires…) représentent près de la moitié de ce budget soit à peine plus que les dépenses de fonctionnement et le remboursement de la dette réunis.  Si jamais une telle réforme est mise en place, ce serait bien la première fois qu’un gouvernement égyptien s’attaque réellement à ce dossier des plus explosifs. Depuis le milieu des années 1970, les grandes institutions internationales ne cessent de demander à l’Egypte de baisser de manière drastique ses subsides à la consommation et d’orienter ses dépenses vers plus d’investissement. Mais, exception faite de quelques tentatives timides, lesquels ont malgré tout toujours débouché sur d’importantes protestations voire des émeutes, Le Caire ne s’est jamais engagé sur cette voie. Confronté à une baisse importante des recettes budgétaires (2013, devrait être la pire année pour le tourisme égyptien depuis 1981), le pouvoir du général Sissi le fera-t-il afin de dégager des économies ? Les avis à ce sujet sont partagés.

 Retour de contestation sociale

 Pour une majorité d’experts, ces déclarations du Premier ministre ne sont qu’un geste destiné à calmer l’impatience du Fonds monétaire international (FMI). Pour mémoire, dès la chute du régime Moubarak, le grand argentier a exhorté les nouvelles autorités égyptiennes à mettre de l’ordre dans les finances publiques en l’échange d’un soutien financier. Sous l’éphémère présidence Morsi, les autorités égyptiennes avaient déjà promis de revoir de fond en comble le système des subventions (il est à noter au passage que la même problématique se pose en Tunisie). Mais prudence oblige, Al-Beblawi n’a pas manqué de préciser que cette réforme n’interviendrait qu’en cas d’amélioration de la situation sécuritaire. Une condition dont personne ne pense qu’elle pourra se réaliser aussi vite. Alors que la reprise en main autoritariste de la vie politique se poursuit avec, entre autre, la mise en place d’une loi restrictive à propos des manifestations sur la voie publique, on voit mal comment l’Egypte pourrait renouer aussi vite avec la stabilité. Cela est d’autant plus vrai que l’agitation sociale recommence à gagner les zones industrielles de la vallée du Nil. On se souvient qu’en 2008, de nombreuses grèves dans le secteur du textile avaient constitué un signal annonciateur des événements de janvier 2011. Aujourd’hui, ces conflits passent quelque peu au second plan dans un contexte où personne ne peut garantir que le calendrier politique prévu (réforme constitutionnelle, élections législative et, pour finir, scrutin présidentiel) sera bouclé d’ici la fin du premier semestre 2014. « C’est une fanfaronnade de plus du gouvernement intérimaire, juge un diplomate occidental. La dernière chose à faire en ce moment où l’économie s’effondre, c’est de réduire les subventions ».

 Une croissance trop faible

 Plus mesuré, un chercher du centre d’études stratégiques d’Al Ahram se borne à rappeler « qu’une telle réforme n’a de chances de réussir qu’en cas de retour à une forte de croissance du Produit intérieur brut. Or, en 2013, la progression du PIB devrait stagner à 1,8% selon le Fonds monétaire international (FMI) et n’atteindre que 2,8 en 2014. Des niveaux qui ne suffiront pas à relancer la machine économique. A ce jour, le coût annuel des pertes provoquées par l’instabilité politique est estimé à 20 milliards de dollars et, selon Masood Ahmed, le directeur du FMI pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale, « la croissance égyptienne est trop faible pour répondre aux aspirations d’une population de plus en plus impatiente ». Il reste donc à savoir pourquoi les partenaires étrangers font pression sur Le Caire pour qu’il traite au plus vite cette question des subventions. En attendant, l’agence Standard & Poor’s a apporté un peu de baume au cœur des dirigeants égyptiens en relevant la note souveraine de leur pays de CCC+ à B- avec des perspectives stables. Un « upgrade » qui ne doit rien à une éventuelle stabilisation politique du pays ou à une relance de son économie. L’agence de notation table simplement sur une poursuite du soutien des créanciers bilatéraux ce qui éloigne le spectre d’une banqueroute financière. Un élément qui a son importance mais qui ne signifie pas que l’Egypte est suffisamment sortie de l’ornière pour se permettre de lancer des réformes structurelles.

 


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