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Mardi, 25 Avril 2017

  •   Abed Charef
  • lundi 16 décembre 2013 09:22

Le printemps arabe a déstabilisé Etats et économies arabes, selon Abdellatif Benachenhou

La printemps arabe n'a pas tenu toutes ses promesses, selon Abdellatif Benachenhou (DR)

Le printemps arabe a déstabilisé les Etats du sud de la Méditerranée, ainsi que les économies de nombreux pays, selon M. Abdellatif Benachenhou, ancien ministre des finances, pour qui les perspectives sont « assombries ».

 

Abdellatif Benachenhou, ancien ministre algérien des finances, a déploré, dimanche, que le printemps arabe ait déstabilisé les Etats du sud de la Méditerranée, avec une rupture du consensus national, ce qui rend l’opération de développement aléatoire. Affirmant que « la sécurité des états nécessite un consensus national », M. Benachenhou a souligné que ceci a eu un impact négatif direct sur les économies de ces pays, provoquant une évolution négative de l’ensemble des indices économiques. M. Benachenhou, qui était invité par l’association des économistes algériens à établir un « premier bilan économique et social du printemps arabe », a souligné que ce phénomène a déstabilisé aussi bien les Etats que les acteurs économiques et sociaux, qu’il s’agisse des travailleurs, des entrepreneurs, des femmes ou des investisseurs étrangers.

Pour les salariés, le résultat est difficile à supporter à cause de la baisse de la croissance, de la montée du chômage et de la précarité qui s’installe, avec notamment l’extension de l’informel. Dans ces pays, il y a moins de salariés, mais plus de « journaliers », payés à la journée, sans garantie pour le lendemain, a-t-il dit. Le secteur privé est, quant à lui, « politiquement dominé ». Il a tendance à opérer un transfert de richesses vers l’étranger, parce qu’il n’a pas confiance, et pas de garanties pour l’avenir. Les investisseurs étrangers doutent eux aussi, à cause d’un « environnement incertain ». Les investissements sont donc « limités », alors que certains pays comptaient beaucoup sur l’investissement étranger pour dynamiser la croissance.
« Les élites votent avec leurs pieds »
Pour les élites, l’équation n’est guère meilleure. M. Benachenhou relève que « le niveau de vie s’est amélioré » au sein de cette frange, avec davantage d’accès au « confort matériel », mais ces élites aspirent à plus de « participation politique », ce qui leur est refusé. Cela se traduit par un résultat concret : les membres de l’élite « votent avec leurs pieds. Ils partent », affirme M. Benachenhou, alors que, selon lui, « on ne peut pas construire une société sans classe moyenne ».
Les femmes sont de leur côté victimes d’un autre paradoxe. Elles ont, certes, un meilleur accès à l’école et à l’université, mais ceci n’entraine pas de « promotion sociale ». Chez les femmes, « plus le niveau s’élève, moins elles participent au marché du travail », estime-t-il.
L’alternative pour ces pays consiste, selon M. Benachenou, à « aller vers un modèle de performance dans la globalisation ». Ils doivent « chercher ce qu’ils peuvent faire dans un monde nouveau, un monde globalisé ». Toute démarche impose de « définir une stratégie », car « l’absence de cap, c’est la garantie de l’échec », dit-il, refusant de voir dans le printemps arabe une révolution. « C’est une évolution, pas une révolution ».
Sombres perspectives
De plus, M. Benachenhou note que « les perspectives sont assombries parce que la sécurité des Etats n’est plus garantie ». Il rejette toutefois la théorie du complot, qui impute à l’étranger la responsabilité de la déstabilisation des pays du printemps arabe. « L’extérieur agit à travers des facteurs internes », dit-il.
Il déplore aussi que le nationalisme, qui a réalisé beaucoup de choses, n’ait pas pu « conserver le consensus national ». Or, selon M. Benachenhou, « sans consensus national, il n’y a pas d’Etat stable, donc pas de développement ». Il met aussi en accusation « beaucoup de pays arabes »qui, selon lui, « ne posent pas correctement la question de la sécurité de l’Etat ». Celle-ci « ne se limite pas à la défense ».


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